
par Gaëtan Willemsen
Publié le 08 juillet à 12h13
à deux jours du quart de finale entre la Belgique et l’Espagne, le journal Marca a ressorti son interview de Matías Fernández-Pardo des tiroirs. Début 2025, il y déclarait qu’il souhaitait jouer pour l’Espagne avant de changer d’avis et d’opter pour la Belgique un an et demi plus tard. Des déclarations que l’intéressé a contestées lors de sa première interview en tant que Diable Rouge. Le journal reconnaît également que son profil aurait pu aider la sélection espagnole « au vu des difficultés en attaque » de la Roja.
Fin 2024, alors qu’il venait de signer à Lille après 28 matchs joués pour La Gantoise (et 10 buts marqués), Matías Fernández-Pardo avait tapé dans l’œil de la fédération espagnole de football. Il avait alors accordé une interview au grand journal sportif espagnol Marca.
« Oui, c’est vrai. C’est une chance. Ils se sont montrés intéressés par moi. J’ai joué quelques matchs pour la Belgique mais, enfant, je regardais toujours les matchs de l’Espagne, comme la finale de 2012. Mon cœur est toujours avec l’Espagne. Je veux jouer pour l’Espagne. Sans aucun doute. S’ils me veulent, il n’y a pas à discuter. Je sais qu’il y a de la concurrence. Mais j’aime les défis. »
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La fédération espagnole de football avait alors rempli toutes les formalités pour qu’il change de nationalité sportive. Dès mars 2025, celui qui avait joué jusque-là des U15 aux U19 chez les Diables a vu sa première convocation pour les espoirs espagnols arriver.
« Chantage »
Mais une blessure musculaire l’a alors empêché d’honorer cette convocation. La première d’une longue série. Il fut, entre autres, écarté en dernière minute de la sélection pour l’Euro espoir et empêché de participer à la Coupe du Monde des moins de 20 ans par Lille.
C’est en octobre 2025 que le vent a commencé à tourner. Alors qu’il devenait de plus en plus important pour Lille dans le championnat français, l’entraîneur des espoirs espagnols l’avait à nouveau convoqué. Mais après avoir changé d’agent, explique Marca, Matías Fernández-Pardo a annoncé à la fédération espagnole qu’il n’honorerait qu’une sélection chez les A.
C’est ce que Marca qualifie de « chantage » : « Il était clair que la Belgique préparait activement la Coupe du Monde. (…) La sélection nationale, qui avait toujours cru en son potentiel, lui a fait savoir qu’elle comptait sur lui. Mais sans pour autant changer de cap. Le joueur et son entourage ont maintenu leur position de force. Parce qu’ils avaient reçu une offre de la Belgique pour participer à la Coupe du Monde. L’Espagne est restée fidèle à sa position habituelle : ceux qui veulent y être y sont. »
Le journal espagnol reconnaît cependant que le profil de Matías Fernández-Pardo aurait pu apporter un plus à la sélection espagnole « au vu des difficultés en attaque ». Un profil dont la vitesse est la principale qualité fait en effet cruellement défaut à la sélection espagnole.
Il y a eu une mauvaise communication car je n’ai jamais vraiment dit que je voulais jouer pour l’EspagneMatías Fernández-Pardo, Diable Rouge
Finalement, l’attaquant a accepté de faire partie de la sélection de Rudi Garcia pour les derniers matchs de préparation des Diables Rouges en mai. « Le choix pour la Belgique n’a pas été facile car je me sens profondément lié à la fois à la Belgique et à l’Espagne », expliquait-il alors dans un communiqué. « Les échanges positifs et sincères avec Rudi Garcia et Vincent Mannaert ont finalement joué un rôle déterminant dans ma décision d’opter pour la Belgique. Par ailleurs, le fait d’évoluer aux côtés de mes coéquipiers Thomas Meunier et Nathan Ngoy au sein du club de Lille a renforcé ma décision. Ils m’ont aidé à confirmer ce sentiment, aussi bien sur le terrain qu’en dehors. Je me réjouis de pouvoir désormais m’investir pleinement pour l’équipe nationale Belge. »
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Lors de sa première conférence de presse avec les Diables Rouges, il est par ailleurs revenu sur cette interview avec Marca. « Il y a eu une mauvaise communication car je n’ai jamais vraiment dit que je voulais jouer pour l’Espagne », a-t-il alors déclaré. « Des discussions que j’ai eues ont été transformées et c’est arrivé aux oreilles du coach (Rudi Garcia, NDLR). Lorsque je l’ai rencontré avec Vincent Mannaert, j’ai pu mettre les choses au clair. J’ai fait toute ma jeunesse en Belgique, je me suis rendu compte avec le temps que j’avais plus une mentalité belge qu’espagnole ».
Pas de promesse de Coupe du Monde
Il a également expliqué qu’aucune place dans les 26 pour la Coupe du Monde ne lui avait alors été promise. « Ils m’ont montré une vraie confiance et un vrai projet sur le long terme. C’est ça qui m’a convaincu. Ils ne m’avaient rien promis ».
Chez les Diables Rouges, Matías Fernández-Pardo n’est pas encore parvenu à se frayer une place de titulaire. Il a cependant joué quelques minutes lors des trois matches de groupe, manquant une belle occasion en contre face à la Nouvelle-Zélande.

