Il y a deux ans, Ores, le plus important gestionnaire de réseau de distribution d’énergie (GRD) de Wallonie, avait dévoilé un plan destiné à s’attaquer à ces problèmes.

Décrochages des panneaux photovoltaïques : les prosumers seront indemnisés en 2027

À l’époque, Fernand Grifnée, l’administrateur délégué d’Ores, avait expliqué que 10 000 points du réseau, sur 70 000, posaient ou allaient poser problème dans le futur. Et selon lui, son entreprise est capable de résoudre 1 250 problèmes par an. Un délai de huit ans était donc envisagé, au total, pour moderniser le réseau électrique d’Ores.

Pari tenu

Où en est-on deux ans plus tard ? Selon des données fournies par Ores, 3 000 problèmes, sur 10 000, ont été résolus au cours des deux dernières années. On pourrait donc conclure qu’environ un tiers du travail a été réalisé sur ce laps de temps. Néanmoins, Ores précise que le chiffre de 10 000 problèmes n’est pas « statique » (il peut donc évoluer).

En outre, près de 520 000 compteurs communicants ont été installés, sur un objectif de 1,4 million, par Ores. Ces compteurs communicants permettent aux GRD d’avoir une vue plus fine des endroits où une intervention est nécessaire.

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Une chose est certaine, la version actuelle aurait un impact financier significativement négatif sur nos investissements ».

L’indemnisation arrive en 2027

Par ailleurs, la ministre wallonne de l’Énergie, Cécile Neven (MR), a récemment annoncé qu’un système d’indemnisation des prosumers victimes de la saturation du réseau électrique serait d’application à partir de 2027. L’idée est d’indemniser les propriétaires de panneaux photovoltaïques quand ils ne peuvent pas injecter leur production d’électricité sur le réseau (en raison de sa saturation).

Selon la libérale, ce mécanisme pourrait coûter jusqu’à 20 millions d’euros par an à Ores et jusqu’à 5 millions d’euros par an à Resa (le deuxième GRD de Wallonie).

Nous avons tenté de savoir quel impact pourrait avoir ce système d’indemnisation sur les moyens financiers des GRD et donc sur leur capacité à moderniser leur réseau électrique.

Décrochages des panneaux photovoltaïques : les prosumers seront indemnisés en 2027

Le mécanisme d’indemnisation étant toujours en discussion au sein du gouvernement wallon, Ores ne peut pas chiffrer précisément son impact financier. « Mais une chose est certaine, la version actuelle aurait un impact financier significativement négatif sur nos investissements », nous explique Annabel Vanbéver, porte-parole d’Ores. « Les montants injectés dans le système d’indemnisation ne seront pas disponibles pour soutenir notre plan industriel, qui constitue la réponse pérenne à la problématique des décrochages des onduleurs », ajoute-t-elle.

En fait, Ores estime que les GRD ne pourront pas récupérer le coût de l’indemnisation des prosumers en augmentant les tarifs de distribution d’électricité. C’est pour cette raison que les sommes versées pour l’indemnisation ne seraient plus disponibles pour investir dans le réseau, selon Ores.

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Le principe de l’indemnisation donne le message erroné qu’une infrastructure d’utilité publique doit être dimensionnée de telle sorte qu’une limitation n’est jamais acceptable. »

Contacté, le cabinet Neven précise que le système d’indemnisation est un incitant pour les GRD à moderniser leur réseau afin d’éviter de devoir verser des indemnités dans le futur. En ce qui concerne les décrochages du passé, la ministre Neven envisage l’indemnité comme une « sanction pure » à l’encontre des GRD.

Le cabinet précise que les GRD ne pourront pas récupérer ce coût en augmentant les tarifs de distribution d’électricité durant la période 2025-2029. À partir de 2030, une hausse des tarifs de distribution d’électricité, de tous les Wallons, est donc envisageable en vue de financer les indemnités versées aux prosumers. La ministre Neven espère toutefois que le réseau sera suffisamment robuste à cette échéance pour éviter les décrochages et donc le paiement des indemnités.

Contre l’indemnisation

Par ailleurs, Ores s’oppose au principe même de l’indemnisation. « Il ne règle aucun problème et il coûte de l’argent, explique sa porte-parole. En outre, le principe de l’indemnisation donne le message erroné qu’une infrastructure d’utilité publique doit être dimensionnée de telle sorte qu’une limitation n’est jamais acceptable. C’est impossible et reviendrait à surinvestir dans les infrastructures. Ce serait comme dire que le réseau routier doit être dimensionné pour ne jamais avoir d’embouteillages, même en cas d’accidents ou dans les heures de pointe ».

Néanmoins, Ores précise qu’il se conformera à ce qui sera décidé par le gouvernement wallon.

De son côté, Resa avait estimé que « chaque euro mobilisé » par les GRD « doit être prioritairement consacré à répondre aux défis structurels auxquels nos réseaux sont confrontés, en particulier leur renforcement et leur adaptation ».

Du côté de beprosumer, l’ASBL qui défend les propriétaires de panneaux photovoltaïques, on soutient, au contraire, le principe de cette indemnisation. On estime que les prosumers ont été incités par les pouvoirs publics à investir dans l’énergie photovoltaïque et qu’ils doivent pouvoir en bénéficier.