Les pas sont lents et précis, les voix se font discrètes. Ce matin-là, appareil photo en bandoulière, Thomas Le Nevé scrute les arbres à la recherche d’une gorgebleue ou d’un passereau, des oiseaux que l’on observe en nombre autour de Honfleur (Calvados).

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L’école de la patience

À 13 ans, scolarisé au collège Alphonse-Allais, il est le plus jeune membre du Photo club de Honfleur. Mais au-delà de la photographie, c’est surtout la nature et les oiseaux qui le passionnent. On m’a offert un appareil photo quand j’avais six ou sept ans, raconte-t-il. Un petit appareil compact qui m’a permis de faire mes premiers essais.

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Avec son père, Thomas Le Nevé parcourt depuis plusieurs années les marais de l’estuaire, souvent le matin. Au fil des sorties, le jeune photographe a appris l’école de la patience : observer, repérer, comprendre le comportement de l’animal sans jamais le déranger. Lors de vacances en Corse, j’avais aperçu une murène, se souvient-il. J’ai mis une heure à la retrouver. Je me rappelle aussi un escargot bleu, un spécimen rare que j’ai attendu longtemps avant de pouvoir le photographier.

« J’aimerais faire de la photo mon métier »

Tandis que l’escapade dans les marais se poursuit, des claquements réguliers résonnent. C’est le craquètement des cigognes, qui communiquent avec leurs becs. Thomas Le Nevé espère apercevoir des cigogneaux. Soudain, alors qu’il s’avance sous les arbres, un grand bruissement d’ailes. Une mère protège son nid. Le collégien rebrousse chemin. Il faut être le moins intrusif possible, souffle-t-il. Il y aura d’autres occasions. Un peu plus loin, d’autres cigogneaux sont visibles dans un nid bien en vue. Leur mère, habituée des photographes, semble presque prendre la pose.

Après une heure et demie de balade, la température monte et il est temps de rentrer. Thomas Le Nevé repart avec ses clichés et une envie intacte de continuer. Plus tard, j’aimerais faire de la photo mon métier, ou au moins faire quelque chose en lien avec la nature, confie-t-il. En attendant, il expose déjà ses photos animalières grâce au Photo club de Honfleur et en a même vendu plusieurs.

Son rêve ? Photographier un jour un butor étoilé, un grand héron dont la population a chuté de 30 à 45 % au cours des trente dernières années.