Marine Le Pen annonce être candidate à l’élection présidentielle et va se pourvoir en cassation
La star du jour est finalement apparue par une autre rue donnant sur le marché de la ville, côte à côte avec Jordan Bardella, devant une foule conquise, dont beaucoup de retraités.
Très souriante, elle a répondu à la presse, tandis que Jordan Bardella, plus réservé, a dit « se réjouir » que Marine Le Pen « puisse porter nos couleurs » à la présidentielle.
Derrière la cohue des journalistes et un cordon de gendarmes, les manifestants n’ont pas cessé de les huer, couvrant les « Marine présidente! ».
« Le bruit des casseroles qu’ils ont orchestré était très marginal », a relativisé Romain Lemoigne, maire de La Flèche, qui retient un « accueil très favorable ». A l’image d’Anita, 58 ans, venue « pour soutenir Marine » malgré ses déboires judiciaires: « En parlant cru, ils ont tous des casseroles au cul. Les uns comme les autres », a-t-elle fait valoir en visant l’ensemble de la classe politique.
Mais les manifestants ont réussi à chambouler le programme en contraignant Marine Le Pen et Jordan Bardella à écourter la déambulation prévue. Au bout d’une vingtaine de minutes à progresser péniblement à l’entrée du marché, enchaînant les selfies, ils ont fini par s’engouffrer dans une voiture pour finalement se rendre à l’Hôtel de ville avec des élus.
« Paris en bouteille »
« J’espère que le ministère de l’Intérieur mettra en place les conditions qui permettront à tous les candidats de pouvoir faire campagne normalement, sans violences », a réagi Mme Le Pen.
Alors qu’il était devenu de facto le candidat pressenti, Jordan Bardella a assuré n’éprouver « ni soulagement, ni déception » et garanti que les deux leaders « continueraient de travailler main dans la main ».
Mais il s’est tenu en retrait de la candidate qui, elle, ne cachait pas sa joie d’être entrée en lice.
« La cour m’a rendu mon éligibilité. Je suis innocente et j’effectue un pourvoi en cassation pour démontrer mon innocence », a-t-elle martelé.
Sous le feu des questions autour de sa situation judiciaire et des subtilités de son pourvoi en cassation, Mme Le Pen a fini par laisser transparaître une pointe d’agacement. « Je ne vais pas passer la campagne présidentielle à vous faire des analyses juridiques », a-t-elle insisté. « Si mes adversaires politiques n’ont pas d’autres arguments que cela, cela veut dire que sur le fond, ils n’ont strictement rien à proposer aux Français », a-t-elle jugé.
Elle a aussi éludé une interrogation pourtant centrale: si la Cour de cassation rejetait son pourvoi début 2027, la contraignant à porter un bracelet électronique, interromprait-elle sa fin de campagne ?
« Avec des si +on met Paris en bouteille+ », a-t-elle balayé, assurant « qu’elle ne jouait pas la montre » pour retarder une décision de la Cour après la présidentielle. Et de lancer, bravache: « Il faut risquer pour gagner ».