Les questions sont nombreuses : où tenir ces procès dans cette enceinte en chantier? Le complexe cellulaire du palais de Justice aura-t-il suffisamment de place pour accueillir les détenus de ces affaires en même temps que ceux concernés par les autres audiences correctionnelles qui se tiendront en même temps?
Du côté de la Cour des comptes, on nous indique ne pas être concernée par le présent dossier. « Les discussions vont dans tous les sens », ajoute un second magistrat. Il appert en effet que le contrat de gestion et d’exploitation du Justitia, situé dans les anciens locaux de l’Otan, avait été prolongé pour deux ans en 2024 et doit prendre fin à la « mi-2026 ».
L’incertitude demeure quant à son devenir et qui plus est, « il est fort probable que le vieux palais ne soit plus utilisable lorsque les travaux de rénovation passeront à une phase ultérieure », poursuit notre interlocuteur. Les enjeux sont donc aussi nombreux que le nombre d’échafaudages entourant encore le vieux palais.
« Let’s build »
Des négociations auraient actuellement lieu pour encore prolonger l’exploitation du Justitia. Par ailleurs, des discussions ont bel et bien lieu entre l’Ordre judiciaire, la Régie des bâtiments et le SPF Justice pour le devenir du parc immobilier judiciaire. Lancé début juin sous l’appellation Let’s build (« Construisons » en anglais, NDLR), le projet vise à moderniser les infrastructures judiciaires pour les rendre plus sûrs, plus efficaces et adaptés aux besoins futurs.
« Malgré un contexte budgétaire difficile, la Justice prend ses responsabilités. Ces derniers mois, l’ensemble des bâtiments a fait l’objet d’un inventaire détaillé qui a permis d’identifier les principaux défis et besoins », écrivait le service communication de la ministre de la Justice Annelies Verlinden.
« Nous demandons à l’Ordre judiciaire d’apporter son expertise et sa connaissance concrète du terrain pour aider à élaborer des solutions. C’est uniquement en partageant cette responsabilité que nous pourrons utiliser les moyens disponibles là où ils auront le plus d’impact », commentait-elle.
La présidence du tribunal de première instance de Bruxelles n’a pas souhaité réagir.