EXPOSITION – Patrice Pastor s’est pris de passion depuis vingt ans pour le peintre roumain au monde fantastique. Sa collection extraordinaire est présentée par le Nouveau Musée national de Monaco.
Malgré l’exil et la guerre, l’artiste roumain Victor Brauner a énormément créé : plus de 3 700 œuvres (tous supports confondus). Ses créatures imaginaires – personnages, animaux, masques et signes abstraits – semblent puiser leur inspiration dans les arts populaires roumains et les codex mexicains comme dans l’univers de Paul Klee ou de Max Ernst. Né dans les Carpates, en Moldavie, en 1903, juif, marxiste, puis exilé et apatride, ce fils d’un père porté, comme son temps, sur les séances de spiritisme traverse le pire du XXe siècle dans l’Europe nazie. Il est obligé de se cacher en France, dans les Hautes-Alpes, pour survivre à l’Occupation, faute d’avoir pu s’échapper vers l’Amérique. Il y vivra affamé malgré son estomac si fragile, opéré en 1941 à Marseille, ce qui lui vaudra une mort précoce, à 62 ans, en 1966. Il continuera de penser à ses amis surréalistes et à André Breton, leur maître implacable. Il destinera à ce dernier un tout petit tableau, Murmure du mur, le 6 octobre 1943…
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