Les cinq agresseurs âgés de 12 à 16 ans

« Le 14 décembre dernier, vers 20h10, mon fils descendait du bus à la gare de Lot. Deux jeunes qui font partie de la même bande que son agresseur du mois de février l’interpellent. L’un des adolescents l’attrape par la gorge, l’entraîne dans le tunnel — dépourvu de caméras de surveillance — et le frappe. La scène a été filmée. Deux autres individus les rejoignent. Ils étaient alors quatre à s’en prendre à mon fils, à le déshabiller partiellement et à lui imposer des actes à caractère sexuel. L’intervention d’un passant a permis à mon fils de s’enfuir en direction de notre domicile, situé à une centaine de mètres de là », se remémore Leïla, la maman.

Le grand frère sauveur finit en IPPJ

Deux des agresseurs ont toutefois poursuivi Naël, ensanglanté, jusque devant son domicile. Son frère aîné, âgé de 17 ans et présent dans la maison, est alors intervenu. « On ne va pas se mentir : il les a massacrés. Mon aîné s’est emparé du téléphone de l’un des agresseurs, a pris la scène en vidéo et a exigé qu’ils suppriment les vidéos de Naël », poursuit Leïla.

Camilia, 14 ans, brûlée au visage avec un briquet par huit mineurs, a tenté de mettre fin à ses jours : aucun de ses harceleurs n’a été arrêté

Mais c’est finalement le père de l’un des agresseurs qui est arrivé sur place et se serait montré menaçant envers les membres de la famille de Naël. La police est ensuite intervenue et a embarqué le grand frère de Naël suite au passage à tabac des deux individus.

La police démantèle une maison de débauche à Ruisbroek

Le jeune homme a ensuite été placé en IPPJ pendant un mois. « Les quatre jeunes qui ont agressé mon fils sont, quant à eux, passés devant le juge, qui leur a ordonné de ne plus s’adresser à Naël. Ils n’ont écopé d’aucune sanction et ont été libérés », poursuit Leïla.

Les autorités alertées

Les faits ne s’arrêtent pas là. Le jeudi 18 décembre, c’est la sœur de Naël, Camilia qui est à son tour prise à partie. « Vers 14h, ma fille âgée de 14 ans quitte notre domicile pour prendre son bus. Deux jeunes à trottinette, parmi lesquels un des agresseurs de Naël, la reconnaissent comme étant la sœur de Naël et l’interpellent. L’un d’eux lui touche les fesses. Ma fille prend la fuite, mais ils la suivent jusqu’au tunnel piétonnier, le même que celui où mon fils a été agressé. Arrivés à sa hauteur, l’un d’eux recommence : il lui met une fessée et lui touche les seins par-dessus ses vêtements. Ma fille est parvenue à s’enfuir et à prendre son bus, en panique », poursuit la maman.

Des plaintes ont été déposées à chaque fois, mais les auteurs présumés demeurent en liberté. La mère de famille a alerté le parquet de Hal, le délégué général aux droits de l’enfant, le comité P ainsi que le bourgmestre de Beersel. « Il s’agissait pourtant d’une nouvelle agression sexuelle, impliquant le même mineur déjà connu, et représentant un danger immédiat pour mes enfants. Cette situation est inacceptable et honteuse », conclut-elle, déterminée à obtenir que ces jeunes soient enfin mis hors d’état de nuire.

Contacté, le bourgmestre de Beersel Jo Vander Meylen (CD & V) indique que l’enquête est entre les mains du parquet de Hal-Vilvorde. « Compte tenu de la nature délicate des faits et du fait que des mineurs sont impliqués, le parquet ne souhaite communiquer aucune information à ce sujet, dans l’intérêt de l’enquête », conclut Sabine Lievens, porte-parole du parquet.