La stratigraphie étudie la succession des différentes couches géologiques et établit une échelle des temps. Dans les œuvres présentées à l’espace d’art contemporain, Jacques Herrmann veut-il entraîner le spectateur vers un temps indéfini, où se mélangent le présent, le passé et l’avenir ? C’est ce qu’on pourrait croire en regardant ces tableaux monochromes, avec dans un coin ou sur un bord une altération de la couleur qui suppose que ce n’est pas là la première vie de l’œuvre, comme un palimpseste.
La tentation d’imaginer ce qu’il y a derrière est irrésistible. L’envie de déchirer ce voile de peinture pour savoir quel mystère il tente peut-être de dissimuler. Une curiosité qui réveille la magie de l’imaginaire et laisse vagabonder l’esprit du visiteur.
Oublier la temporalité de la matière pour entrer dans l’espace infini du temps
Sur d’autres œuvres, le peintre semble mettre la matière à l’épreuve en jouant avec le cercle chromatique. Les couleurs s’entourent, s’imbriquent, se mélangent, se métamorphosent, se séparent, vibrent comme la surface de l’eau caressée par un souffle de vent. Un trouble rehaussé par certains éclats qui donnent un effet de relief ou de creux et font perdre petit à petit la notion d’espace dimensionnel. Jacques Herrmann invite le visiteur à oublier la temporalité de la matière pour entrer dans l’espace infini du temps. Les strates se confondent dans un avant, un après, dans le trouble du temps présent. Une peinture qui invite à fouiller les profondeurs de l’émotion.
Espace André-Malraux. 4 rue Rapp à Colmar. Du mardi au dimanche de 14 h à 18 h. Le jeudi de 12 h 00 à 17 h. Entrée libre. Visites guidées en présence de l’artiste le dimanche 26 juillet à 15 h 30 et le jeudi 24 septembre à 18 h 30.