Quand une douleur au poignet persiste malgré une radiographie ou une IRM, l’arthroscopie peut apporter des réponses. Cette technique chirurgicale mini-invasive, réalisée grâce à de très petites incisions, permet de visualiser directement l’intérieur de l’articulation, mais aussi de traiter certaines lésions au cours de la même intervention.
Articulation complexe, sollicitée en permanence, le poignet peut être le siège de douleurs diverses, pas toujours faciles à identifier avec les examens d’imagerie classiques (radiographie, scanner, IRM… ). Depuis plusieurs années, les spécialistes préfèrent ainsi recourir à l’arthroscopie plutôt que d’ouvrir entièrement l’articulation : une alternative plus simple et plus efficace par rapport à la chirurgie traditionnelle dite « à ciel ouvert », qui implique de sectionner différents tissus pour accéder à l’articulation et réaliser l’opération.

L’arthroscopie est une technique chirurgicale mini-invasive qui consiste à introduire, à travers de petites incisions de quelques millimètres, une caméra miniature (appelée arthroscope) dans l’articulation du poignet. Cette caméra, reliée à un écran en haute définition, permet au chirurgien d’examiner directement l’intérieur de l’articulation. « L’arthroscopie est à la fois un outil de diagnostic et de traitement », explique le Dr William Mamane, chirurgien orthopédiste. « Depuis plus de 20 ans, elle se substitue à la chirurgie ouverte et permet de visualiser directement les structures internes du poignet, tout en causant le moins de dommages possible aux tissus environnants. »

Synonyme d’efficacité comme de confort pour le patient, l’arthroscopie a ainsi grandement amélioré la prise en charge des douleurs articulaires, qu’elles concernent le poignet, l’épaule, le coude, la hanche, le genou ou la cheville !

Arthroscopie : qu’est-ce que ça soigne ?

Toutes les pathologies qui touchent les articulations. Appliquée au poignet, elle peut détecter et/ou traiter les lésions ligamentaires (fréquentes après une chute ou un traumatisme) ou cartilagineuses (arthrose localisée) ; des corps étrangers intra-articulaires (débris osseux après un traumatisme) ; des synovites inflammatoires (associées à des maladies comme la polyarthrite rhumatoïde ou d’autres arthrites inflammatoires) ; des kystes synoviaux ou masses suspectes.

« Elle est également utile en cas d’entorse grave ou de fracture, pour évaluer le geste thérapeutique à effectuer, réduire certaines fractures ou visualiser l’alignement et la récupération articulaire après la chirurgie », ajoute le spécialiste. La plupart des pathologies du poignet peuvent ainsi être traitées par cette approche : seules les chirurgies longues, complexes et certaines situations (infection locale ou générale, arthrite septique non traitée, ankylose articulaire complète, troubles de la coagulation non contrôlés… ) la contre-indiquent. L’arthroscopie est également évitée chez les enfants en bas âge et en cas d’arthrose très avancée.

Quels sont ses avantages par rapport à la chirurgie classique ?

Ses intérêts sont multiples et servent aussi bien le praticien que le patient. Extrêmement précise, elle est capable de détecter des lésions invisibles sur les examens classiques et met enfin un nom sur des instabilités subtiles ou douleurs indéterminées, parfois source de gêne depuis des années. Elle permet également d’intervenir immédiatement après le diagnostic.

« Lors d ‘une même séance, le chirurgien peut réparer un ligament, retirer un kyste, nettoyer une articulation, ou encore traiter une inflammation. Cela limite les gestes interventionnels et accélère la prise en charge », souligne le Dr William Mamane. À l’inverse de la chirurgie ouverte traditionnelle, « souvent délabrante pour le poignet » selon notre spécialiste, l’arthroscopie – et ses petites incisions -limite considérablement les traumatismes sur les tissus environnants. Conséquence : la douleur post-opératoire est réduite, le risque d’infection est très faible, les cicatrices sont à peine visibles (2 à 4 mm) et le patient récupère beaucoup plus vite. « Il y a beaucoup moins d’adhérences ou de raideurs post-opératoires, les suites sont plus simples et le patient ne met pas des mois à s’en remettre, qu’ il s’agisse d ‘un sportif ou d ‘une personne âgée, observe le médecin. C’est vraiment une intervention que l’on peut envisager en toute confiance ! »

Comment se déroule exactement l’intervention ?

Elle est généralement réalisée en ambulatoire, sous anesthésie locorégionale. Le patient est installé en position allongée, le bras en traction douce pour élargir l’articulation. Une fois celle-ci endormie, de petites incisions sont réalisées à l’arrière ou sur les côtés du poignet, permettant le passage de la caméra miniature dans l’articulation.

Selon le geste à réaliser, d’autres instruments fins peuvent être insérés pour diagnostiquer, explorer et traiter l’atteinte. « Une petite suture, voire un simple strip, sont enfin posés à la fin de l’ intervention, qui dure entre 10 et 30 minutes maximum », précise le Dr William Mamane.

Quelle récupération après ?

L’immobilisation est souvent courte : éventuellement, une attelle peut être posée, mais de manière temporaire (une dizaine de jours en moyenne). « La rééducation (massages drainants, assouplissements, renforcement… ) est, elle aussi, plus rapide qu’après une chirurgie classique (15 jours à 2 mois maximum) et accélère la récupération de la mobilité. En général, la peau cicatrise très bien et les complications à long terme, sont minimes », insiste le spécialiste. De fait, la gêne est limitée : travail et sport peuvent être repris sous une quinzaine de jours.

Notre expert : Dr William Mamane, chirurgien orthopédiste, spécialiste du membre supérieur, au Centre SOS main Floréal Paris et à l’Institut main Landy