Native de Montréal, la jeune femme évoluait déjà dans le milieu des arts de la scène en métropole. «J’avais envie de changer de ville, de retrouver une belle qualité de vie et la Galerie d’art du Parc a une belle réputation», mentionne la nouvelle directrice, qui occupait jusqu’à son entrée en fonction il y a quelques mois le poste de médiatrice culturelle.

«Ce n’était pas planifié, c’est arrivé comme naturellement», résume madame Nicolas au sujet de son arrivée à la tête de la petite équipe de passionnés de la galerie. C’est justement l’expertise et la cohésion de groupe, ainsi que les possibilités de la galerie qui l’ont convaincue de faire le saut à la direction. «J’adorais travailler avec l’équipe à titre de médiatrice et j’avais envie d’évoluer encore avec eux dans un autre poste.»

Une transition douce et naturelle qui s’est tout de même traduite par certains apprentissages du milieu, comme la négociation des contrats d’artiste ou la direction artistique. «J’ai eu du mentorat pour s’assurer que la transition se passe bien, mais je crois que c’est le cas», partage la dirigeante, avec humilité.

Mémoire: le numérique au service du patrimoine

Parmi les chantiers à venir à la galerie, Louise Nicolas pointe vers l’arrivée d’un parcours numérique immersif composé d’énigmes qui utilisera la technologie pour mettre en valeur le lieu sur ses deux étages. Ainsi, on pourra partager des éléments sur l’historique et l’architecture de ce lieu, qui se trouve au Manoir de Tonnancour.

«Le parcours immersif permettra de remettre en valeur l’histoire autochtone rattachée à notre lieu, qui est souvent oubliée!»

—  Louise Nicolas, directrice générale et artistiqueLouise Nicolas estime que le caractère patrimonial de la galerie lui confère un caractère unique au Québec, une spécificité qui devient à la fois un attrait et un défi pour les artistes.

«C’est un projet qui conjugue l’art actuel et le patrimoine. On va mettre en valeur les racines autochtones du Manoir de Tonnancour, notamment, grâce au parcours qui bénéficie d’une subvention du provincial. On parle d’un lieu qui a été aussi le fief Pachirini [nom du chef algonquin], ça a été un lieu d’échanges, un lieu qui a connu plusieurs couches historiques», explique-t-elle. Une première phase dédiée à la clientèle scolaire sera fin prête pour la semaine de relâche en mars, tandis qu’un lancement officiel est prévu à l’automne prochain.

Selon elle le caractère patrimonial justement de la galerie lui confère un caractère unique au Québec, une spécificité qui devient à la fois un attrait et un défi pour les artistes. «Oui, ça vient avec certaines contraintes, comme le fait de ne pas clouer, visser sur les murs de la bâtisse, mais on ne se trouve pas dans une grosse boîte blanche. Le lieu, ses planchers, tout possède une âme!» souligne Louise Nicolas.

Lieu d’exposition et pôle d’échange communautaire

Outre la tenue d’expositions variées, Louise Nicolas évoque certains projets à poursuivre sous son mandat. C’est le cas du développement de l’espace d’exposition communautaire qui a été conçu à l’entrée de la galerie. «C’est une vitrine pour la relève comme les étudiants en arts de l’UQTR, par exemple. C’est dédié à ceux qui n’ont jamais encore exposé et ça leur offre une plateforme dans le milieu des arts où présenter leur œuvre, une occasion d’inscrire la galerie dans leur CV aussi», explique la directrice générale. Une rotation des artistes en valeur a lieu tous les trois mois.

Tout près, une zone créative servant aussi de lieu de détente pour les familles a été créée depuis peu. On peut venir y prendre une pause après la visite d’une salle ou alors commencer un bricolage. «J’aimerais pousser cet élément aussi en offrant des ateliers gratuits aux familles. C’est un espace où l’on veut accueillir des visiteurs qui ne viennent pas forcément à la galerie d’habitude», dépeint la femme sur ce coin, équipé de livres tantôt sur les arts, tantôt portant sur l’inclusivité.

De nature inclusive, la nouvelle directrice générale se met aussi un point d’honneur à poursuivre des collaborations plus engagées de pair avec les écoles ou des organismes du territoire. «J’aimerais renouveler une collaboration avec Chez Foufoune pour offrir un safe space qui permette à l’art de passer un message sur les enjeux de santé mentale», soutient-elle sur cette association avec la clinique de santé mentale, sexuelle et sociale.

Le grenier du centre d'exposition sera mis en lumière au sein du projet immersif Mémoire.

«Je pense que l’art ne doit pas être élitiste, mais le plus accessible possible.»

—  Louise Nicolas

Sinon, la question de l’écoresponsabilité habite aussi la dirigeante qui entend réfléchir à la consommation des ressources au sein de la galerie, à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le milieu artistique, tout en mettant de l’avant le jardin communautaire qui se crée derrière la galerie d’art lors de la belle saison.

«C’est un espace où chacun peut apporter ses plantes, ses semis et collaborer. C’est ouvert à tous!» Côté programmation, la galerie d’art privilégie aussi la mise en lumière d’artistes possédant une démarche tournée vers la nature, autant que faire se peut.

Pour en savoir plus sur les expositions et projets en cours, on peut aller visiter le site de la Galerie d’art du parc au lien suivant.