Budget « tiramisu »
En ce mois de juillet, Bart De Wever parle maintenant d’un budget « tiramisu ». Si l’analogie alimentaire n’est pas sans rappeler la problématique de la « lasagne institutionnelle », elle se réfère en réalité à une vision multicouche des catégories touchées. Ainsi, aucune couche sociale et économique ne devrait être épargnée.
Vendredi, les vice-premiers se sont réunis autour du Premier pour avancer sur la recette de ce fameux tiramisu. Leur base de travail, c’était le rapport du Comité de monitoring. Cet organe a fixé l’effort budgétaire à réaliser dans les prochaines années à 7,7 milliards d’euros. En parallèle, les cabinets des différents ministres ont travaillé en IKW (Interkabinettenwerkgroep) depuis des semaines. Le compte rendu de ces groupes de travail a aussi nourri les discussions du kern. Mais le Premier ministre veut aller plus loin.
« Un consensus existe sur la nécessité de fixer un objectif ambitieux : nous visons un effort budgétaire de 10 milliards d’euros d’ici à 2029 », déclare le Seize. « Afin d’éviter un éventuel effet boule de neige des charges d’intérêts, nous voulons réaliser, avec deux ans d’avance, l’effort budgétaire nécessaire pour respecter la norme de dépenses de 2031. Nous examinons également des mesures (ou l’effet de mesures) au-delà de cette législature. »
« Environnement impitoyable »
À la Chambre, Bart De Wever a expliqué, jeudi, que les décisions sont prises dans « un contexte géopolitique exceptionnellement défavorable que le FMI qualifie d’unforgiving environment – un environnement impitoyable ».
Les mesures ne seront toutefois pas trouvées avant le 21 juillet, comme cela s’était un moment entendu du côté de la rue de la Loi. Le gouvernement se réunira en conclave vers la fin du mois de septembre et les travaux préparatoires se poursuivront dans les prochaines semaines.
« Les vice-premiers ministres sont invités à dégager au maximum leur agenda dès le début du mois de septembre pour les discussions et le conclave budgétaire final. L’échéance fixée pour l’aboutissement des travaux est le discours sur l’état de l’Union en octobre », poursuit le cabinet De Wever.
L’année passée, le report des discussions budgétaires à la rentrée parlementaire avait jeté un certain froid au sein de la majorité. Certains partenaires s’étaient plaints de n’entrer dans le vif des discussions qu’après les vacances, ce qui ne leur laissait que peu de temps pour négocier avant la remise du budget à la Commission européenne prévue pour octobre.
Ça grince sur le timing
Cette fois, certaines voix en Flandre se plaignent à nouveau de ce timing. « On aurait déjà dû être au charbon il y a longtemps », peste un élu du Nord. « On aurait déjà dû avancer lors du contrôle budgétaire, au mois d’avril. On postpose avec tous les tracas que ça peut occasionner. »
Côté francophone, on nous répond qu’il n’y a pas de pression et que l’échéance de la remise du budget à la Commission européenne n’est que symbolique. Par contre, on promet des séances d’arbitrages politiques très salées. « Ça va être sportif », prédit un président de parti.