Luxottica, le mastodonte italien qui se cache derrière votre (chère) paire de lunettesDes inquiétudes jusqu’en interne
Actuellement, les Ray-Ban Meta disposent d’une petite LED qui s’allume lorsqu’une photo ou une vidéo est prise. Ce signal permet d’avertir les personnes présentes qu’une caméra est utilisée. Mais selon plusieurs sources interrogées par le Financial Times, Meta laisserait ce voyant éteint alors que les futures fonctions de détection fonctionneraient en arrière-plan.
Et c’est là que cela devient problématique. Un collègue, un proche ou un passant pourrait donc apparaître dans les images ou les enregistrements sans s’en rendre compte. Et surtout sans forcément le vouloir.
De quoi susciter un certain questionnement dans les équipes de Meta, rapporte le média britannique. Mais pour tenter d’apaiser les inquiétudes, l’entreprise envisage un système qui éviterait de conserver les fichiers audio et vidéo dans leur forme originale. À la place, seules des métadonnées seraient extraites puis transmises à ses serveurs, où elles seraient analysées par l’IA. Il pourrait s’agir, par exemple, de l’heure et du lieu d’une capture d’image, des objets spécifiques repérés ou de mots-clés associés à une conversation.
Si l’entreprise tech assure respecter la vie privée de ses clients, deux affaires très concrètes dévoilées récemment dans les médias n’aident certainement pas à apaiser les craintes.
En tout cas, à l’heure actuelle, l’entreprise se contente pour l’instant d’assurer que les produits qu’ils développent actuellement respectent la protection de la vie privée « dès la conception ».
Voici comment Meta compte mettre fin aux tentatives d’espionnage via ses lunettes connectéesDes casseroles qui alimentent les craintes
Si l’entreprise tech assure garantir le secret des données, deux affaires très concrètes dévoilées récemment n’aident certainement pas à apaiser les craintes. En février dernier, des sous-traitants au Kenya chargés d’analyser les données issues des Ray-Ban Meta ont raconté avoir dû visionner des images intimes. Certaines montraient des utilisateurs aux toilettes ou pendant des rapports sexuels. Des séquences qui avaient donc quitté la mémoire des lunettes pour arriver sur les écrans de travailleurs chargés de contrôler ou d’améliorer les systèmes du groupe.
Autre exemple, le mois dernier, le magazine Wired a expliqué avoir trouvé, dans le code interne du logiciel des lunettes, une fonction de reconnaissance faciale qui n’avait jamais été annoncée. Concrètement, elle aurait permis aux lunettes de reconnaître les personnes filmées et d’afficher leur identité. Mais après la publication de cette information, Meta aurait supprimé cette fonction, sans qu’elle ait été proposée officiellement aux utilisateurs. Autant d’exemples qui pointent directement du doigt les craintes concernant ce nouveau prototype.
À noter que le projet pourrait en plus se heurter aux lois américaines sur les écoutes et les données biométriques. Dans des États comme la Californie, la Floride ou l’Illinois, enregistrer une conversation sans le consentement de toutes les personnes présentes peut être illégal. Et dans l’Illinois, au Texas ou à Washington, des règles similaires existent. Des contraintes juridiques qui pourraient sérieusement compliquer le déploiement de l’appareil.