JLL  a été un des premiers courtiers anglo-saxons à s’installer à Bruxelles, il y a 60 ans« Le contexte est compliqué pour les décideurs »

Quelque 300 personnes s’y pressaient cette année. « Le forum était sold out un mois avant l’événement. Le contexte est compliqué pour les décideurs, même si la volatilité peut créer des opportunités et des deals, sur des projets ou sur des consolidations. L’important est alors d’amener du contenu et de la clarté. » Elle reconnaît que le rythme s’est considérablement accéléré depuis sa prise de fonction. Et pour cause : elle doit désormais gérer des centaines de personnes et une quinzaine de métiers au sein d’un one JLL capable de répondre à n’importe quelle question immobilière. D’autant qu’elle a décidé de rencontrer tous les clients. Tous ? « Tous. Car JLL est un people service. On n’a pas de brevets technologiques à faire valoir. Ce que l’on vend, c’est nous. »

« On fait aujourd’hui un métier encore plus intéressant qu’hier »

Et cette Française d’origine se targue de le faire dans la langue de ses interlocuteurs, en français, en anglais ou… en néerlandais. « Je ne débarque pas au Belux, insiste-t-elle. Je suis la plus flamande des Françaises », ajoute en souriant la nouvelle CEO de JLL Belux, qui vit « depuis 13 ans en Flandre », a « épousé un Flamand » et a « deux garçons de 10 et 7 ans qui parlent flamand ». Un entourage familial masculin, comme l’est son entourage professionnel, lié à la construction comme à l’immobilier.

JLL, société mondiale présente dans quelque 80 pays, ne compte que cinq femmes CEO d’un pays ou groupe de pays (Chine, Inde, ouest de l’Europe, France et aujourd’hui Belux). Amandine Chizelle est d’ailleurs la première femme à diriger JLL Belux.

« Très tôt, je me suis rendu compte que ce qui m’intéressait, ce n’était pas comment on construit, mais pourquoi on construit. »

Diplômée ingénieur civil en construction, elle a un parcours atypique. « Je viens de Tétris et des aménagements, mais j’ai un background en évaluation, en développement. Très tôt, je me suis rendu compte que ce qui m’intéressait, ce n’était pas comment on construit, mais pourquoi on construit. » Ce qui l’a menée dans le conseil chez Icade, puis dans le développement chez Bouygues. « J’ai adoré la maîtrise d’ouvrage, mais j’ai voulu passer à la maîtrise d’usage, en m’attachant à l’utilisateur. »

À la tribune de l’Investors Forum, où on l’attend d’ici une demi-heure, le panel est également très masculin. « Ce qui compte, ce n’est pas le genre, c’est ce que l’on a à dire. »

« J’ai accepté ce poste à la veille de mes 40 ans »

Dans son parcours, plus que le genre, c’est l’âge qu’elle veut mettre en avant. Le sien, celui de ses équipes et celui du secteur. « J’ai accepté ce poste la veille de mes 40 ans », ce qui en fait une des plus jeunes directrices pays de JLL. Et de la jeunesse, elle en a, assurément, le dynamisme. Parmi ses objectifs : « Grandir avec nos clients sur l’ensemble des assets, être un partenaire. Ensuite, profiter de notre boîte à outils de métiers pour offrir un regard à 360 degrés, non sans nous imposer de croiser les services, de mieux collaborer. Troisièmement, développer les outils dédiés à l’IA afin que les collaborateurs aient plus de temps pour l’intelligence humaine. Quatre, dépoussiérer notre business. L’ADN de JLL est dans le brokerage, mais celui-ci doit être soutenu par le design, l’analyse des besoins, l’IA… Et cinq, faire briller tout ce que l’on fait de bien, nos idées, nos réussites, nos awards. » Rien qu’en 2025, Tétris en a raflé sept, à Los Angeles, Miami, Londres…

Année record pour les investissements dans l’immobilier industriel

« Au fil des années, je me suis rendu compte que j’aime prendre des décisions, que je suis un capitaine d’équipe. J’avais 34 ans quand je suis passée chez Tétris à Lille, avec la possibilité de développer une business unit. Ce qui était impossible à cet âge-là dans le métier de développeur. Cela a nourri mes ambitions de leadership. Tétris, plateforme locale, et JLL, experts globaux, m’ont fait grandir aussi personnellement : confiance en moi, énergie communicative. Et puis, j’aime le collectif. »

Avec succès. En deux ans, l’équipe de Tétris Lille a doublé, passant de 8 à 17 personnes. En trois ans, celle de Tétris Belux a fait pareil, de 15 à 32. Aujourd’hui, Amandine Chizelle gère quelque 300 personnes. Rendez-vous dans… quatre ans.