À l’affiche du lancement de la neuvième saison de L’art du crime (Notre avis) ce lundi 23 février 2026, Florence Coste s’illustre dans un rôle de composition aux côtés de Nicolas Gob (Antoine Verlay) et Éléonore Bernheim (Florence Chassagne). Avant de retrouver les plateaux d’Ici tout commence, la comédienne revient pour nous sur cette immersion dans l’univers de la série policière phare de France 2. Entre deux confidences sur les coulisses du tournage et la construction de son personnage aux petits airs de Brigitte Bardot, elle livre un regard lucide sur son parcours, son rapport viscéral à l’art et l’évolution de la place des femmes dans l’industrie audiovisuelle.

Le Sud… à Saint-Denis ! Les secrets de tournage

Comment s’était passé le tournage de L’art du crime à Aix-en-Provence ?
Alors, je n’ai pas du tout tourné dans le Sud. C’est une arnaque totale [Elle rit]. En fait, nous étions à Saint-Denis et il pleuvait. Voilà, on a dû jouer avec notre imagination de comédien pour ces scènes-là. C’est la magie de la télé. Donc, j’ai découvert les images d’Aix-en-Provence qui sont magnifiques à la projection qui a été organisée pour toute l’équipe. Il y avait une très belle lumière qui apporte vraiment quelque chose à la série.

Qu’est-ce que cela fait de se voir sur grand écran ?
J’ai passé un super moment. C’est toujours un peu intimidant, parce que je n’avais rien vu avant. Donc on découvre ça dans une salle, en même temps que plein de gens. Mais franchement, j’ai adoré l’épisode. J’ai beaucoup ri. Je n’ai pas vu le temps passer et puis j’avais un rôle marrant. Quand c’est notre passage et qu’on arrive à l’image, on est un petit peu fébrile, forcément. On est toujours un peu plus critique envers soi-même, mais franchement, ça s’est bien passé. C’est toujours joyeux de retrouver tous les camarades, comédiens et techniciens, et de découvrir notre travail ensemble. D’autant plus que ça fait presque un an qu’on l’a tourné. J’ai pu me laisser surprendre à nouveau et, honnêtement, je suis très contente du résultat.

Justement, vous incarnez une femme libre et très cash, qu’est-ce qui vous a le plus plu chez elle ?

Ce qui est intéressant, c’est le contraste. J’adore jouer des personnages intenses qui ont beaucoup de tempérament. Elle est un peu provocante, séductrice et libre. Mais en même temps, les circonstances vont faire qu’on va découvrir aussi d’autres facettes d’elle. Parce qu’il lui arrive des choses qui m’ont permis de nuancer tout ça. Il y avait plein de couleurs à jouer. C’est ça qui m’intéresse, d’avoir des personnages complexes.

Elle a un look amusant aussi, avez-vous travaillé avec la costumière ?
Oui. On cherchait une référence un peu à la Brigitte Bardot. C’est très plaisant de se mettre dans la peau d’un autre personnage et de s’éloigner un peu de ce que je suis.

« Un terrain d’exploration » aux côtés de Nicolas Gob

Comment s’est passée la collaboration avec Nicolas Gob et Éléonore Bernheim ?

J’ai adoré, c’était vraiment bien. Ils sont très talentueux. Ils ont une très belle alchimie, qui fonctionne super bien. Et ils sont très accueillants pour les guests qui arrivent, ce qui est très précieux. Parce que quand on arrive dans une équipe aussi établie, ce n’est pas toujours facile. Ils ont vraiment fait en sorte qu’on se sente bien. Les premières scènes que j’ai tournées avec Nicolas, il était dans un autre rôle. C’était la première fois qu’il se mettait dans ce personnage. Et moi, en tant que comédienne, j’imaginais à quel point ça devait être à la fois jouissif et un peu flippant de jouer un truc pareil. Mais je trouve que ça fonctionne bien. Donc oui, ils ont été super avec moi.

C’est une équipe qui se connaît très bien, qui a des automatismes et se lance souvent dans des improvisations. Ça vous a fait du bien d’être dans un univers comme ça ?

Franchement, j’avais hyper envie de jouer dans cette série, que je trouve super, donc j’étais trop contente de pouvoir y participer. Et effectivement, il y a une liberté de jeu, c’est un super terrain d’exploration. La réalisatrice aussi était très sensible et était dans l’accompagnement avec nous. Donc c’était très agréable.

Vous connaissiez déjà la série avant d’être considérée pour ce rôle ?
Non, j’ai découvert la série au moment où j’ai su que j’allais faire partie. Mais c’est drôle, parce qu’à chaque fois que j’ai dit que j’allais participer à L’art du crime, tout le monde avait des réactions hyper enthousiastes. Et franchement, maintenant que je connais, je comprends pourquoi. Je trouve que c’est intéressant et en même temps, ça reste divertissant. C’est hyper bien amené dans les intrigues et dans tout ce qui touche à l’art. Et puis, Nicolas Gob et Éléonore Bernheim apportent beaucoup de charme. Il y a aussi beaucoup de leur personnalité et de l’humour dans la série. Moi, j’adore la comédie, donc c’est plaisant de voir une comédie qui fonctionne aussi bien.

Le parcours d’une artiste engagée

Et vous, quel est votre rapport à l’art ?
Je trouve ça super qu’une série mette l’art au cœur du sujet. Je vais assez souvent voir des expositions. J’avais joué dans la pièce de théâtre Les Muses au Théâtre du Ranelagh à Paris sur des œuvres d’art qui se réveillent la nuit dans un musée et qui discutent entre elles de féminisme et de plein d’autres thématiques. C’est un univers qui me touche et ce sont des choses qui viennent nous nourrir en tant qu’artistes à plein de niveaux. On se nourrit d’art, de lecture. Ça fait partie de nos inspirations.

Justement, vous parliez de féminisme, en tant qu’actrice, avez-vous remarqué que le milieu a changé envers les femmes ?
Me Too a fait beaucoup de bien. J’ai commencé assez tôt, j’avais 16 ans, et je vois que les rapports ont beaucoup évolué. Je pense dans notre milieu, que les jeunes femmes sont plus en sécurité, mais il reste du chemin à faire. Après, même si j’ai constaté une évolution dans notre métier, cela reste difficile de réussir à s’imposer en tant que femme. Il y a toujours quelque chose à conquérir, comme s’il y avait quelque chose à faire en plus. Mais je trouve que ça va dans la bonne direction et il faut continuer sur cette voie-là.

Vous avez commencé jeune, était-ce un rêve pour vous d’être artiste ?
J’ai commencé par le chant (Elle était récemment sur un projet avec des acteurs de Plus belle la vie, encore plus belle et de Demain nous appartient). J’étais très timide quand j’étais jeune et je me suis rendu compte que chanter m’aidait à me lier aux autres et à m’exprimer. Ça a été la première étape et puis, j’ai eu envie d’en faire mon métier, mais je ne savais pas vraiment que c’était possible. Ça m’est un peu tombé dessus parce que je faisais des petits concours de chant et j’ai rencontré des professionnels à ces occasions, mais c’était une distraction et une activité extrascolaire. Et puis, j’ai été engagée pour ma première comédie musicale. Ensuite, c’est devenu une évidence. C’est un univers dans lequel je me sentais bien. Je me suis dit : – tu as envie de faire ça et on te le propose alors tente le coup et si un jour, ça ne marche plus, tu feras autre chose. Et mes parents m’ont beaucoup soutenue, là où d’autres auraient pu avoir peur. Ils ont été formidables. J’ai passé mon bac, ça les a quand même rassurés [Elle rit]. Après, j’ai vraiment profité des opportunités et j’ai eu la chance que ça s’enchaîne bien. Il faut du caractère dans ce métier. On ne se rend pas toujours compte, mais ça demande beaucoup de travail et de persévérance. C’est une course de fond.