« Cette collaboration s’est amenuisée avec le temps », explique-t-il, « car ces maisons ont été depuis rachetées par des groupes financiers, ce qui a considérablement modifié le rapport créatif. Dès lors, je me suis détourné du design industriel au profit du design d’art. »

Xavier Lust : « Le marché américain s’est considérablement rétracté avec la présidence Trump. » ©D.R.
Et d’insister sur une distinction qui lui paraît importante entre, d’une part, une création concurrentielle pour une diffusion maximale et, de l’autre, une liberté absolue dans laquelle priment la qualité, l’ingéniosité et la rareté, puisqu’il s’agit de séries limitées : huit exemplaires maximum !
« De plus, le « collectible design » intéresse plus particulièrement les collectionneurs d’art en quête d’exclusivité. C’est une orientation que je chéris car elle me laisse toute latitude pour créer sans limites, sans sacrifice, au-delà des codes imposés par les normes de production industrielle. »
C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’il a développé un corpus de pièces en édition limitée disponibles dans des galeries internationales telles que Carpenters Workshop Gallery, Galerie du Passage à Paris, Nilufar à Milan ou Ralph Pucci aux États-Unis. L’artiste a d’autant plus un faible pour cette dernière que le marché américain lui a été longtemps profitable et que plusieurs personnalités se sont portées acquéreuses de ses œuvres… sans qu’il puisse en divulguer le nom.
« Malheureusement, le marché américain s’est considérablement rétracté avec la présidence Trump », regrette-t-il. Par contre, il a pu donner un bel aperçu de son travail actuel à la foire Volta de Bâle où ont été exposées une trentaine de ses pièces, dont « The Alchemist », un bar à cocktails conçu comme un meuble à secret, « Volupté », un banc dont la ligne droite offre des assises de plus en plus profondes en fonction de l’endroit où l’on se pose, mais aussi des tables et consoles en laiton ou en acier inoxydable.
En 2015, Xavier Lust s’est installé à Ixelles, où il a transformé une ancienne imprimerie de 300 m² en atelier-galerie dans lequel il poursuit aujourd’hui une pratique qui articule design, recherche formelle et projets architecturaux. « C’est un bel immeuble moderniste où j’expose quelques pièces en permanence et où j’invite depuis peu des artistes peintres pour des vernissages, car mes œuvres et la peinture offrent une belle synergie. »
Encore tout récemment, Xavier a ouvert ses portes lors d’un cocktail de printemps, où ses dernières créations étaient présentées aux côtés des œuvres de l’artiste Cécile Defforey : un dialogue entre design et peinture qui illustre bien sa démarche, à la frontière de l’art et du design.
Xavier Lust n’a pas dit son dernier mot pour autant. On le retrouvera du 1er au 30 septembre 2026 à Venise, à la foire Homo Faber, une biennale internationale dédiée à l’excellence des métiers d’art et de l’artisanat contemporain.