« Tout petit, j’allais à l’aérodrome du Laboru, près de Theux. J’allais trouver les pilotes pour leur demander si je pouvais monter avec eux et, bizarrement, aucun n’a jamais dit oui », dit-il en riant. « Je pouvais rester des heures là-bas, il y avait un côté fascinant ». Un peu plus tard, vers dix ou onze ans, il observe un homme pilotant un petit avion télécommandé… qu’il écrase lamentablement. « Je me suis dit que ça avait l’air génial. Pas de l’écraser, mais de le piloter », précise-t-il. Cette envie ne l’a jamais quitté.
« Elle », les jeunes années de la blondeLes phoques de la baie de Somme
Pour voler « pas cher », il commence par le paramoteur. « Le moyen le moins cher et peut-être le plus sécurisant », dit-il. « C’est 40 km/h. 41, tu montes, 39, tu descends. En dix mètres, tu es en l’air. C’est enfantin. Je faisais ça à Hermalle-sous-Argeteau, dans la périphérie liégeoise ». De cette période si lointaine, il se souvient des vols entre les bosquets, au fil des rivières. « Après, j’ai fait du DPM. Deltaplane Motorisé. Ces engins ne décrochent pas et on vole à deux, ce qui est assez sympa. J’ai commencé comme ça parce que, mine de rien, ça coûte un peu des sous, tout ça. »

Sur le tarmac du Touquet. ©JC Guillaume
Après avoir été certifié sur différentes classes d’ULM, il passe – attention, ça devient technique – « un ULM trois axes, ailes hautes, biplace. Avec radio – donc j’ai dû passer mon brevet radio – et transpondeur ». Devant notre air qui dit « hum, je crois que je n’ai rien compris », il explique : « Le transpondeur, c’est ce qui envoie le cap, l’altitude, etc. à la tour de contrôle. Là, il faut commencer à savoir ce qu’on raconte à la radio d’autant qu’en Belgique, tout se fait en anglais. »
C’est parce qu’il rêvait de voler avec femme et enfants que Jean-Louis Lahaye est passé à la catégorie supérieure. « J’ai donc passé le brevet pilote. Voler, c’est tout de même la chose la plus dépaysante au monde », poursuit-il. « Je suis allée avec mon épouse en Baie de Somme, on survolait des phoques, c’était dingue. De Charleroi, il y en a pour une heure trente de vol. » C’est au côté de son ami Geoffrey Dellis qu’il obtient les ailes qui lui offrent la liberté.
États-Unis : le mythe et ses fissures
Aujourd’hui, cela fait plus de six mois qu’il n’est plus monté dans un avion – à la place du pilote, s’entend – parce qu’il n’a plus le temps. Entre sa société – LDV Production, à qui l’on doit L’heure H, notamment – et le spectacle qu’il jouera à Paris à la rentrée – Jean-Louis est un homme très occupé. « C’est compliqué parce que tu ne montes pas dans un avion comme dans une voiture en disant « Tiens, je vais aller là ». Ça se prépare, il faut vérifier la météo, le vol, les aéroports où atterrir en cas de problème. Comme dit un ami à moi : « C’est un moyen extrêmement rapide de voyager… pour les gens qui ont le temps. »

Vue de la baie de Somme. ©JC Guillaume
Son prochain défi – il a l’œil qui frise quand il en parle – sera de passer l’IFR (Instrument Flight Rules, vol aux instruments. Encore un acronyme). « J’ai un ami qui a consacré plein d’heures à m’apprendre, j’ai des bouquins pour la formation, mais je fais ça quand ? » Son rêve ? Un joli Piper Malibu Matrix (monomoteur de tourisme et d’affaires, six places) qui lui permettrait de voler par tous les temps. En attendant, la tête dans les nuages, il fixe au loin un petit biplan jaune aux ailes rouges qui vient de prendre son envol, en souriant comme un enfant.
En spectacle avec L’heure H Live, du 10 septembre au 14 janvier, tous les jeudis, au théâtre de la Contrescarpe, Paris Ve.