Les deux stars de la scène urbaine française ont dévoilé leur chanson Sex Model, dont le nom rappelle celui d’un site au cœur de nombreux problèmes judiciaires.

La France avait les yeux rivés sur Theodora il y a dix jours. La star de la « pop urbaine » venait de rafler quatre Victoires de la musique. Depuis, ses écoutes bondissent. Mais ce quart d’heure de gloire pourrait être très éphémère. Celle qui assure tout au long de ses interviews et dans ses chansons, incarner les femmes libres et fortes, vient d’associer son nom à un projet pour le moins controversé.

En duo avec le rappeur PLK, elle a réalisé la chanson Sex Model. La pochette du morceau est anodine. Les deux artistes sont assis sur une voiture de sport blanche. Tout est beau. Tout est mignon. Jusqu’à lancer la musique et découvrir à quoi son titre renvoie. « C’est une pirate, elle est peut-être sur sexemodel », lance PLK, de son vrai nom Polak, avant de répéter quatre fois l’expression « sexemodel ». Mais c’est quoi ce « sexemodel » ? Une simple recherche sur le Net conduit à un site d’annonces, où il est possible de commander une escorte en deux ou trois clics.


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Le duo de chanteurs urbains aura du mal à plaider l’innocence ou la coïncidence. « En boîte nuit tous les soirs, elle est là-bas tous les soirs/Elle est pas là pour les zouaves/Elle a cassé tous les cœurs, elle préfère les fessées qu’les fleurs », entend-on dans le couplet du rappeur. Avant qu’il n’entonne : « J’lui fais un boulot, y a rien de personnel/Elle sait s’occuper d’un homme, sin-cou, j’en perds l’sommeil. » 

PLK et Theodora – Sex Model  (2026)

Une promotion gênante

Le titre est d’autant plus problématique que le site est dans le viseur des enquêteurs. Plusieurs réseaux de proxénètes y ont été démantelés depuis 2023. Des jeunes de 12 à 20 ans ont été contraintes à la prostitution, parquées dans des chambres ou même droguées au protoxyde d’azote.

Theodora et son ami rappeur PLK qui en font la promotion ignorent-ils tout cela ? Rien dans les paroles ne fait penser à un début de dénonciation. Le couplet furtif (35 secondes) de Theodora est explicite. « J’viens emballée comme un cadeau, j’ai les cordes/J’espère que t’aimes les cordes/Et steuplait sors les cornes baby/J’ai la ficelle en triangle en bas du corps. » Ses fans peuvent se morfondre. La nouvelle coqueluche de la chanson française, qu’on croyait presque porte-étendard du féminisme, multiplie les propos dégradants. En témoigne encore cette phrase : « Poule aux yeux d’or, j’ai les disques, j’suis le comble. »

D’Aya Nakamura à Theodora, pourquoi la chanson populaire maltraite tant les paroles

Ont-ils été payés pour réaliser ce titre qui ressemble furieusement à du placement de produit ? Impossible d’en avoir le cœur net. Contactés par Le Figaro, les représentants des deux artistes et leurs labels respectifs n’ont pas donné suite.