Ils regardent avec stupéfaction la police scientifique photographier la maison au cœur de toutes les discussions, celle qui affiche le numéro 15 de l’avenue de la Toison d’Or et où les faits se seraient produits.
Ils constatent les trop nombreuses gouttes de sang séchées sur le trottoir et ce, sur plusieurs dizaines de mètres. Ils dévisagent la bâche qui cache l’endroit où un corps a été retrouvé, à même la rue, au pied de l’agence bancaire. Celui d’une jeune femme, entièrement nue selon les témoins.
« Elle est morte dans mes bras »
Les faits se sont produits entre minuit et une heure du matin. Parmi les témoins directs, l’un des gérants du restaurant l’Effet Bœuf, Gaëtan Halleux. Lorsque nous l’abordons, il affirme d’abord, l’émotion encore vive: « Elle est morte dans mes bras, avant de raconter le déroulé des événements. Nous étions assis à la terrasse du Manda Bar avec mon associé quand nous avons entendu des bruits, des cris que nous ne pensions pas humains. Nous n’avons pas fait plus attention que ça jusqu’au moment où l’une des serveuses est arrivée vers nous en courant pour nous dire qu’un homme avait porté un coup de couteau à quelqu’un et qu’il s’était ensuite caché chez nous, à l’arrière du bâtiment. Avec les collègues, nous avons été voir et nous n’avons vu personne de caché. Tout ce que nous avons vu, c’était une femme, couchée sur la route, juste en face. »
Il continue en expliquant avoir voulu porter secours à la victime. « Personne ne la touchait donc j’y suis allé et je l’ai mise en position latérale de sécurité, reprend-il. Et là, j’ai vu qu’elle avait pris des coups qui ressemblent à des coups de machette. L’un en plein visage, l’autre à l’arrière du crâne et un troisième au niveau de l’une de ses jambes. J’ai directement appelé le 112 en disant que ce serait peut-être bien que l’hélicoptère se déplace puisque les blessures étaient très sérieuses au niveau de la tête. J’ai gardé son pouls et au moment où le SMUR est arrivé, elle s’éteignait.
Les secours ont essayé de la réanimer pendant quinze voire vingt minutes mais je pense que c’était impossible vu l’état dans lequel elle était. Elle était totalement défigurée. C’est après qu’on s’est rendu compte que le bruit que nous avions entendu un peu plus tôt depuis la terrasse, c’était ses cris. »
« C’est violent comme histoire »
Et le restaurateur de poursuivre: « J’ai seulement appris ce matin par la presse qu’il y avait eu une deuxième personne blessée. Celle à qui j’ai tenté de venir en aide devait avoir entre 25 et 30 ans. C’était difficile à dire vu l’état de son visage. »
Ce lundi matin, le patron de l’Effet Bœuf se dit fatigué. « Je n’ai pas dormi beaucoup, dit-il encore. Je suis resté longtemps avec la police afin de lui donner toutes les informations dont je disposais. » Il conclut: Je ne sais pas quelle était la motivation de la personne qui a fait ça, mais c’est violent comme histoire. »
« Je suis sous le choc »
Un peu plus loin, un voisin a vu une partie de la scène. « Je n’ai pas encore dormi depuis, dit-il sur le coup de 11 h 30 du matin. J’étais dehors à ce moment-là et j’ai vu la victime traverser la rue, j’ai vu le coup qu’elle a reçu en plein milieu du visage, je l’ai vue tomber alors que l’auteur des faits lui portait d’autres coups. J’ai également vu l’autre fille s’enfuir en courant. J’ai tout de suite appelé le 112 où la personne au bout du fil m’a dit de me calmer, mais comment rester calme face à pareille situation ? Je suis sous le choc. Je ne vous dis pas la quantité de sang qu’il y avait. »
D’autres, qui n’ont pas assisté au drame, ont appris la nouvelle en venant travailler le lendemain matin. C’est le cas d’une commerçante: « Je n’arrive pas à travailler, dit-elle les mains toutes tremblantes. Quand j’ai vu que la route était fermée, j’ai tout de suite trouvé ça bizarre. Et en arrivant, j’ai vu que des tâches rouges s’étaient logées sur le drapeau publicitaire de mon enseigne. C’est du sang. On n’est plus en sécurité nulle part. C’est choquant parce qu’on vient ici tous les jours, ça s’est passé ici, à seulement quelques mètres. »
Il faudra du temps aux habitants et à celles et ceux qui cotoient les lieux pour digérer les événements tant ceux-ci ont été violents.