« Pour moi, plus on est vieux, plus on a tous les âges, explique-t-elle dans une interview à Brut. On les a tous vécus, on les connaît. Moi, dans ma tête, je passe de mon âge à mes 12 ans, à mes 30 ans. Je ne pourrais pas l’interpréter physiquement, mais dans ma tête, oui, complètement »,

« On est une rose et puis on fane.. »

Si elle ne manque pas d’autodérision, les réflexions sur son apparence finissent quand même par lui taper quelque peu sur les nerfs. « Ce qui est un peu chiant quand on est femme, c’est qu’on vous ramène toujours à ça : quel âge vous avez ?, reconnaît-elle dans la même entrevue. Comment va votre corps ? J’entends d’un point de vue esthétique, pas ce qui se passe à l’intérieur. Est-ce que vous êtes toujours belle ? Comment vous passez la ménopause ? Comment vous passez les 30 ans ? On est toujours relié à ça, à cette idée de la vieillesse, de l’éphémère, de la beauté. On est une rose et puis on fane… C’est une réalité qui s’attribue à tous les êtres humains et à toute chose vivante. La sagesse est d’accepter ça »

Pas une évidence pour la future sexygénaire au caractère affirmé dont le franc-parler provoque parfois des étincelles. « Je ne vais pas me plaindre. Mais c’est chiant d’être connue », avait-elle par exemple déclaré dans Marie-Claire. Et pour cause, depuis 46 ans, ses moindres faits et gestes sont épiés, et ses apparitions publiques sont immédiatement analysées sous l’angle de la mode.

Sophie Marceau et Thaïs Alessandrin dans LOL 2.0: maman un jour, maman toujours.Sophie Marceau et Thaïs Alessandrin dans LOL 2.0: maman un jour, maman toujours.Sophie Marceau et Thaïs Alessandrin dans LOL 2.0: maman un jour, maman toujours. ©CURIOSA FILMSLes « sexygénaires » de 2026 : Sophie Marceau, Halle Berry, Cindy Crawford, Salma Hayek, Janet Jackson, Vincent Cassel ou encore Patrick Dempsey« Il faut tout recommencer »

Ses centres d’intérêt sont pourtant bien plus variés que ça. L’état du monde, notamment, l’interpelle énormément. « Ce qui me chagrine un petit peu, j’ai envie de dire, et j’ai envie de le prévenir un peu autour de moi, c’est qu’en fait, quand on regarde ce qui se passe aujourd’hui dans le monde à tous les niveaux, c’est qu’on se rend compte que rien n’est acquis, avoue-t-elle sur les ondes de RTL. Il ne faut jamais arrêter finalement, pas de se battre, je n’aime pas le mot, mais de se rappeler des choses. Aujourd’hui, j’ai l’impression que tout ce qui a été dit, tout ce qui a été fait, tout ce pour quoi on s’est battu, il faut tout recommencer. C’est comme s’il n’y avait plus de raison. Alors peut-être qu’on est arrivé au bout d’une civilisation qui s’épuise. »

En dépit de l’émergence du mouvement MeToo, les femmes font toujours partie des premières victimes. « Il y avait un malaise, il y avait quand même quelque chose qui n’allait pas. Maintenant, on dit les choses, on les nomme, et à partir du moment où on les nomme, on leur donne une forme, une existence, et donc il faut les justifier. Et il y a des choses qui ne sont pas justifiables. Quand vous voyez ce qui se passe un petit peu partout dans les pays, les féminicides, les agressions sexuelles de plus en plus, des réseaux entiers. Ce n’est pas possible, on se dit, on ne s’est pas battu pour ça. Il y a une réaction qui se fait. Mais ce n’est pas que le féminisme, c’est la démocratie. »

45 ans plus tard, Richard Sanderson revient sur l’incroyable succès de « Reality », le générique de « La Boum » qui a lancé la carrière de Sophie Marceau« On ne me proposait que des rôles où je devais être à poil »

Pour autant, elle ne souhaiterait pas revenir en arrière. « Moi quand j’avais 20 ans on ne me proposait que des rôles où je devais être à poil, je devais faire des trucs que je n’avais pas envie de faire et ça a duré longtemps, conclut-elle dans Brut. Je vous jure que je préfère qu’on me foute la paix maintenant, je suis contente. […] Non mais sérieux, on va toujours vous demander beaucoup de choses, parce que vous êtes femme et qu’on attend beaucoup de vous et donc vous devez fournir, fournir, fournir. Ça va ! Moi je fournis avec ce que j’ai, c’est-à-dire mon expérience, mon acquis, voilà. Et ça, je veux absolument le faire partager autant que je peux. Mais il ne faut pas me demander la Lune, non. »

Une sacrée personnalité. Qu’on est heureux de retrouver sur les écrans, mais aussi en dehors.

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