Quelques semaines plus tard, l’organisme Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE) se constitue partie civile. L’enseignant est suspendu le temps de l’enquête et ne perçoit alors plus que la moitié de son salaire.
En avril 2022, le professeur – qui est également l’ancien vice-président du parti Islam (qui prône la charia) – est condamné à une peine de quatre mois d’emprisonnement avec sursis et à 600 euros d’amende (dont la moitié avec sursis) pour incitation à la haine et à la violence à l’égard de personnes de confession juive ou de nationalité israélienne. Le jugement, contesté par l’intéressé, sera confirmé en appel en mars 2023.
Une démission disciplinaire
En juillet 2024, WBE décide de son côté de prononcer la sanction la plus sévère prévue par le statut: la démission disciplinaire. L’enseignant, âgé de 61 ans et père d’un enfant de quatre ans, introduit alors un recours devant le Conseil d’État contre cette décision. Il invoque notamment l’absence d’intention antisémite, une sanction disproportionnée au regard de sa carrière et le fait qu’il s’agit d’un « seul post partagé dans le cadre de la sphère privée ». L’islamologue interrogé dans le cadre de l’enquête n’a par ailleurs dénoté « aucun signe de fondamentalisme religieux (chez moi) », souligne-t-il .
Le 21 janvier dernier, la plus haute juridiction du pays a tranché: la demande de Talal Magri est rejetée et sa sanction disciplinaire confirmée.