Pour établir le périmètre à partir de Jean-Baptiste et Odile Mayence sept générations plus tôt, Stéphanie et Barbara sont parties d’un arbre généalogique : « la première fratrie que constituent Léon, François et Fernand va donner le jour à sept frères et sœur qui auront ensemble 43 enfants », confient-elles. « Trois — et même quatre avec les plus jeunes — générations plus tard, nous sommes autour de 400 ».
Une organisation militaire
Dans chacune des articulations, des « relais » ont été désignés pour mobiliser au maximum. S’il est impossible de déterminer à ce stade combien répondront présent, l’espoir est d’en réunir au moins 250. « Nous avons proposé d’organiser ces retrouvailles en mode auberge espagnole », poursuivent les porteuses du projet. C’est ainsi que chacune et chacun devra apporter une préparation de son choix, tout sera déposé sur les tables d’un long buffet. Un moment émouvant qui ne pouvait être remis à plus tard.
« Les doyens approchant les cent ans, il y avait urgence » observe Barbara. « Nous venons encore d’apprendre le décès d’une arrière-tante. Avec Stéphanie, nous nous sommes concertées pour choisir la date la plus proche qui permettrait de rassembler la plus large majorité de cousins, tous degrés confondus. Et nous l’avons bloquée ! »
Ainsi le compte à rebours est-il désormais lancé. « Dans six semaines, ce sera le jour J. Nous sentons la pression et l’impatience monter », sourit Stéphanie. « Pour donner du sens à la fête, nous avons imaginé de partager un fond d’anciennes photos jusqu’à Jean-Baptiste et Odile ».
Mayence, voilà un nom bien connu au Pays Noir, popularisé par des figures dans les secteurs de la justice, la politique, l’enseignement, l’économie, les arts et même le clergé…
Surprises à la carte
« Ce projet nous a amenés à nous découvrir des parents éloignés que nous ne soupçonnions pas » témoignent les filles. Comme le chanteur Philippe Lafontaine, ou des membres du collège communal actuel de Charleroi. « Pour le bourgmestre Thomas Dermine, nous savions. Les autres, pas toujours. Il y a eu des surprises. » Il y en aura encore pour celles et ceux qui participeront.
Ce rassemblement inédit vise à recréer des liens cassés par l’éloignement et les aléas de la vie. Souvent, on sait qui sont ses arrière-grands-parents mais on ignore jusqu’aux prénoms et noms des bisaïeuls. « Par chance, ce minutieux travail de recherche et de reconstitution généalogique avait été fait chez nous, il nous a facilité la tâche. »
L’ambition, c’est que ce projet installe une tradition et que les suivants la perpétuent. Parce que si les familles ont besoin d’ailes pour exister, elles ne doivent jamais oublier leurs racines.