Washington avait mis une prime de 15 millions de dollars sur sa tête.
La situation dégénère au Mexique: Le narcotrafiquant « El Mencho » abattu par l’armée, des heurts éclatent, une ville paralysée« Violent de nature »
Le criminel, « violent de nature » selon le spécialiste du narcotrafic José Reveles, s’en prenait de front aux autorités, quand d’autres organisations similaires restaient sur la défensive.
Le 20 juin 2020, il avait lancé une attaque sans précédent contre l’actuel secrétaire fédéral à la Sécurité publique, Omar García Harfuch, alors chef de la police de la capitale, blessant celui-ci. Trois personnes avaient trouvé la mort, dont deux gardes du corps.
Cinq ans plus tôt, son cartel avait déjà tiré sur la toute nouvelle Gendarmerie nationale du Jalisco, puis tendu un guet-apens à un convoi de policiers de cet Etat de l’ouest mexicain.

Nemesio Oeguera Cervantes, alias « El Mencho » ©AFP or licensors
Ses narcos avaient alors abattu un hélicoptère militaire au lance-roquettes et provoqué barrages et incendies. Des dizaines de personnes avaient trouvé la mort, dont 20 policiers et neuf militaires.
Peu visible en public
Même s’il était apparu en 2025 lors de deux concerts de « narcocorridos », des groupes chantant la gloire des trafiquants, El Mencho « faisait très attention à ne pas s’exposer publiquement, on sait peu de choses sur sa vie », observe M. Reveles auprès de l’AFP.
Les images de lui sont rares. Sur l’avis de recherche du département d’Etat américain, il apparaît le visage anguleux, les cheveux impeccablement peignés et une fine moustache, tandis que sur une fiche de l’agence antidrogue américaine (DEA) de 1989, on le voit avec les cheveux frisés et des traits plus grossiers.
Né en 1966 dans une famille pauvre du Michoacan où les cultures illégales de cannabis étaient légions, il immigre jeune aux Etats-Unis, où il est condamné dans les années 1980 pour trafic d’héroïne. Il est expulsé du pays après avoir purgé sa peine.
De retour au Michoacan, il rejoint le cartel del Milenio, dont il est éjecté à la suite de luttes internes.
Montée en puissance de « la loi du plus fort » dans le monde ? « Cette agression n’est menée ni en secret, ni par surprise »Une litanie de crimes
« El Mencho » quitte alors son Etat natal pour le Jalisco voisin, où il fonde en 2009 les « Mata Zetas », bientôt rebaptisé Cartel Jalisco Nueva Generacion. En 2011, le gang signe un de ses massacres les plus symboliques en laissant 35 cadavres près du lieu d’une réunion de procureurs dans le Veracruz (est).
Prenant le dessus sur de nombreux gangs rivaux, le CJNG se renforce à grande vitesse. Après l’extradition aux Etats-Unis du « Chapo » et de « Mayo », son cartel devient le plus puissant d’un pays où les violence liées à ces groupes ont fait plus de 450.000 morts et plus de 100.000 disparus depuis 2006.

Un policier monte la garde près d’un véhicule calciné après qu’il a été incendié, sur une route à Guadalajara, dans l’État de Jalisco, au Mexique, le dimanche 22 février 2026, après la mort du chef du cartel Jalisco New Generation, « El Mencho ». ©Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.
Cette vue aérienne montre des voitures et des camions incendiés, qui auraient été brûlés par des groupes criminels organisés en réponse à une opération visant à arrêter une cible prioritaire pour la sécurité, sur une autoroute près d’Acatlan de Juarez, dans l’État de Jalisco, au Mexique, le 22 février 2026. L’armée mexicaine a annoncé avoir tué le puissant baron de la drogue Nemesio « El Mencho » Oseguera lors d’une opération qui a déclenché une vague de violence dans différentes régions du pays le 22 février 2026. Des hommes armés, en représailles à cette opération, ont bloqué plus de 20 routes dans l’ouest de l’État de Jalisco, qui comprend Tapalpa, avec des voitures et des camions en feu. La violence s’est également propagée à d’autres États. ©AFP or licensors
En 2025, le département d’Etat américain déclare le CJNG organisation terroriste, soulignant son caractère « transnational avec une présence dans quasiment tout le Mexique ». Trafic de drogues, d’armes, extorsions, traite de migrant, vols de pétrole et de minerais, Washington l’accuse d’une litanie de crimes.
Ne parvenant pas à rivaliser avec ses concurrents qui contrôlent la frontière avec les Etats-Unis, « El Mencho » infiltre d’autres marchés.
« L’Europe, l’Asie, l’Afrique et même l’Australie étaient moins disputées par les Mexicains, et là-bas la drogue se paie plus cher », explique M. Reveles.
Divorcé, Oseguera avait trois enfants. Son ex-épouse et deux de ses fils ont été emprisonnés. Elle a été relâchée, tandis que son aîné, alias « El Menchito », a écopé de la perpétuité aux Etats-Unis.