Saluons d’abord la performance. Durant une heure, à l’image de Matila Malliarakis dans « Anquetil tout seul », l’acteur Léo Gardy, juché sur son vélo, pédale à perdre haleine. Comme un forcené…..comme tous ces champions dont il évoque ici le destin en mots choisis par Philippe Bordas illustrant tous l’idée que « le cyclisme est dans les exagérations ».

Ils sont presque tous là qui apparaissent sur l’écran, où se succèdent photos d’archives, extraits d’images télévisées, gros plans sur leurs souffrances physiques : Anquetil bien sûr, Lucien Aimar, le plus grand descendeur de tous les temps, Roger de Vlaminck, « un bouquet d’arrogance froide » Bernard Hinault, le compulsif conçu par Zeus, et d’autres aux destins tragiques tels que Marco Pantani, qui meurt de la cocaïne, Luis Ocana, qui se suicide le 19 mai 1994 ou encore Auguste Mallet qui circulant à vélo dans Paris, tombe et se fait écraser par un camion de l’armée américaine en 1945, mourant à 33 ans durant son transfert à l’hôpital.

Mais, loin d’être un catalogue illustré des grands coureurs cyclistes, « Forcenés » est un manuel poétique et philosophique défendant l’idée que « l’oxygène ne vient pas du ciel mais que tous ces forcenés l’ont en eux ». C’est joué en vrai comédien. C’est remarquable !

« Forcenés  » – 11. Avignon, 11 bd Raspail jusqu’au 25 juillet à 10h15. 4. Relâche le 17 juillet. Tarifs : 23 €, plein, 16 € abonné, 11 €, Enfants de moins de 15 ans. Réservations en ligne www.11avignon.mapado.com