Conséquence de ce climat belliqueux et de la quasi-paralysie du stratégique détroit d’Ormuz: le prix du baril de Brent, référence internationale, s’était envolé lundi de plus de 9% avant de ralentir sa hausse face aux dernières annonces du président américain.
Comme Téhéran, qui envisage de faire payer le passage dans le détroit, Donald Trump avait assuré lundi vouloir prélever une redevance équivalente à 20% de la valeur des cargaisons en échange de la protection de cette route maritime, au mépris du droit international et du principe de la liberté de navigation.
Mais dans un message publié mardi sur son réseau Truth Social, il a fait marche arrière, remplaçant ce projet par « des accords de commerce et d’investissements » avec les monarchies du Golfe.
Un nouveau port pour contourner le détroit d’Ormuz? Des discussions sont en coursLes dernières informations en direct :
Trump menace de frapper des centrales électriques en Iran
Donald Trump a affirmé mardi sur Fox News qu’il frapperait des centrales électriques et des ponts en Iran la semaine prochaine si aucun accord n’était conclu avec Téhéran.
« La semaine prochaine, ça va vraiment mal tourner pour eux car la semaine prochaine ce sera le tour des centrales électriques. La semaine prochaine ce sera au tour des ponts », à moins que les Iraniens ne « s’assoient à la table des négociations », a déclaré le président américain.
Washington frappe le sud de l’Iran, qui cible le Koweït, la Jordanie et Bahreïn
Des explosions ont retenti, pour la quatrième nuit consécutive, dans le sud de l’Iran après que l’armée américaine a annoncé de nouvelles attaques contre la République islamique, écrivent mardi (heure locale) les chaînes états-unienne CNN et qatarie Al Jazeera, citant des médias iraniens. Téhéran a réagi en visant à son tour ses voisins du Golfe persique Bahreïn, la Jordanie et le Koweït, qui abritent des positions américaines.
En Iran, des explosions se sont fait entendre notamment dans les villes portuaires de Bandar Abbas et Sirik ainsi que sur les îles de Queshm et de Hengam, selon les médias d’État iraniens. Tous ces lieux sont situés dans la large province du Hormozgan, qui fait face à Oman et borde le très disputé détroit d’Ormuz. Beaucoup plus à l’ouest mais toujours dans le sud du pays, des explosions ont aussi retenti dans la ville d’Ahvaz.
Aucune victime n’a été mentionnée jusqu’à présent.
L’armée iranienne a réagi dans la foulée en ciblant des intérêts américains logés chez ses voisins du Golfe, notamment à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie. L’armée du Koweït a déploré quatre blessés dans une publication sur le réseau social X et a affirmé avoir intercepté une quarantaine de missiles et de drones. « Tout bruit d’explosion entendu résulte de l’interception de ces engins hostiles par les systèmes de défense aérienne », a précisé l’état-major de l’armée sur X.
À Bahreïn, le bruit des sirènes d’alerte aérienne a aussi percé la nuit. « Les citoyens et les résidents sont invités à rester calmes et à se rendre dans le lieu sûr le plus proche », a indiqué le ministère de l’Intérieur sur X. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont ensuite affirmé avoir visé des installations de la marine américaine à Bahreïn. L’armée idéologique de la République islamique dit avoir frappé des entrepôts d’équipement militaire, des sites de stockage de carburant ou encore un centre de commandement de la Cinquième flotte des États-Unis, selon un communiqué diffusé par la télévision d’État iranienne.
L’armée jordanienne dit avoir abattu trois missiles iraniens
Les forces armées de Jordanie ont annoncé mercredi matin avoir détruit trois missiles balistiques iraniens, après que l’armée iranienne a affirmé avoir attaqué une base utilisée par l’armée américaine dans le pays.
Les trois projectiles, lancés depuis l’Iran, ont été interceptés après être entrés dans l’espace aérien de la Jordanie, d’après un communiqué de l’armée.
« Le détroit d’Ormuz restera fermé jusqu’à la fin des agressions américaines »
« Les opérations de représailles des combattants se poursuivront, et le détroit d’Ormuz restera fermé jusqu’à ce que les États-Unis mettent fin à leurs actes d’agression », a indiqué le Corps des Gardiens de la Révolution (IRGC). Washington a lancé mardi une nouvelle série de frappes contre l’Iran et recommencé à bloquer ses ports.
« L’ennemi (…) doit également s’attendre à la fermeture d’autres voies d’exportation de pétrole et de gaz qui servent les intérêts des États-Unis et de leurs alliés », ont-ils poursuivi. « Les exportations de pétrole et de gaz de la région seront accessibles soit à tous, soit à personne. »
La navigation dans le stratégique détroit d’Ormuz constitue un point de discorde majeur entre Washington et Téhéran. L’Iran assure que la voie navigable, qui relie les Golfes persique et d’Oman, est fermé jusqu’à « nouvel ordre » après une reprise des affrontements d’une intensité inédite depuis le cessez-le-feu d’avril dans le conflit au Moyen-Orient. La Maison Blanche considère, elle, que le détroit est ouvert et frappe la République islamique pour la quatrième nuit consécutive afin d’y soutenir la navigation marchande.
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