Dans le cadre de sa tournée, le rappeur a investi le Yankee Stadium, avec une constellation d’invités pour trois soirées 
célébrant sa carrière.

Après des années passées à privilégier les apparitions ponctuelles, Jay-Z, Shawn Corey Carter de son vrai nom, est revenu sur scène pour trois concerts spectaculaires du 10 au 12 juillet devant des dizaines de milliers de personnes dans sa ville de New York, à l’occasion des 30 ans de son premier album Reasonable Doubt sorti en juin 1996, le dernier show a toutefois été perturbé par d’importants problèmes logistiques.

Organisées dans l’enceinte pleine à craquer du Yankee Stadium, dans le Bronx, par Roc Nation, le label fondé par Jay-Z en 2008 à New York, aujourd’hui maison d’artistes comme J. ColeRihannaKanye West ou encore DJ Khaled., les trois soirées ont vu se succéder sur scène une kyrielle de stars, dont son épouse Beyoncé, Rihanna, EminemPharrell WilliamsAlicia KeysUsher, Nas ou encore Pusha T.


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Des invités de prestiges et le retour d’une artiste portée disparue

Lors de la première soirée, le vendredi, Beyoncé a ouvert le show en reprenant le couplet de Mary J. Blige, reine de la soul hip-hop des années 90 dans Can’t Knock the Hustle. Le lendemain, Jay-Z fêtait les 25 ans de The Blueprint avec de nouvelles surprises : Eminem est apparu sur scène pour leur featuring Renegade, avant de rester pour interpréter Lose Yourself, sous les acclamations du public. C’était la première apparition marquante du rappeur de Detroit depuis le show de la mi-temps du Super Bowl 2022, aux côtés de Dr. Dre, Snoop Dogg, 50 Cent, Kendrick Lamar et Mary J. Blige.

Mais c’est véritablement, le dimanche soir que la foule est entrée en ébullition à l’arrivée de Rihanna. Très rare sur scène ces dernières années, la chanteuse a rejoint Jay-Z au Yankee Stadium, vêtue d’un ensemble mêlant cuir et fourrure noire, lunettes de soleil sur le nez, pour interpréter avec lui leur tube Run This Town.

Vous savez tous que je suis un peu rouillée. Ça fait un bail !

Rihanna

La carrière musicale de l’interprète est mise entre parenthèses depuis de nombreuses années, au grand désespoir de ses fans, et ses apparitions restent rares, hors événements ou promotion de sa marque Fenty Beauty. Son dernier album, Anti, remonte à 2016, même si Rihanna a livré en mai 2025 un single pour le film Les Schtroumpfs . Ce passage éclair au Yankee Stadium relance, une nouvelle fois, l’espoir d’un retour.

Un hommage aux racines de l’artiste et au berceau du rap, la scène East Coast

C’est aussi tout un pan de l’histoire du hip-hop que ce triptyque de concerts est venu célébrer. Dans les années 1990, plusieurs rappeurs new-yorkais issus de la scène underground locale tel que Nas, The Notorious B.I.G, ou Jay-Z ont sorti des albums restés dans les mémoires. Sans surprise, plusieurs figures de cette première et seconde génération étaient à l’honneur sur scène. Nas, souvent cité parmi les plus grands MC (Master of ceremony) de l’histoire du genre, a interprété son titre N.Y. State of Mind, en hommage à la ville. Le show tout entier s’est refermé, comme il est désormais coutume à chaque prestation new-yorkaise du rappeur, sur son méga tube Empire State of Mind, devenu l’hymne officieux de la ville quand les amateurs de jazz, eux, lui préfèrent volontiers Theme From New York, New York de Frank Sinatra.

Le troisième concert, dimanche soir, a toutefois été marqué par un retard de plusieurs heures. Selon les organisateurs, des « centaines » de fans ont tenté d’entrer sans billet, obligeant la sécurité à fermer les accès puis les ouvrir au compte-goutte. Résultat: des spectateurs munis de tickets ont mis des heures à entrer, certains affirmant sur les réseaux n’y être jamais parvenus. Jay-Z est arrivé sur scène à minuit passé, visiblement contrarié et s’excusant pour l’attente. Une fois l’incident du troisième soir passé, la foule a repris à pleins poumons les succès du rappeur de 56 ans.

« Homme d’affaires »

Rares sont les artistes hip-hop capables de remplir une enceinte aussi mythique que le Yankee Stadium. Plus rares encore ceux qui y parviennent en s’appuyant essentiellement sur un répertoire vieux de plusieurs décennies.

Observe Timothy Welbeck, chercheur en études afro-américaines à l’université Temple auprès de l’AFP.


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Le dernier album de Jay-Z « 4:44 » remontes à 2017. Mais pour deux de ses trois concerts, il a choisi de mettre l’accent sur des opus datant pour le premier de 30 ans (Reasonable Doubt) et le second de 25 ans (The Blueprint), les deux ayant marqué l’histoire du hip-hop.

S’il a plus ou moins délaissé la scène et les studios, c’est surtout que l’ancien petit dealer de drogue de Brooklyn est devenu aujourd’hui un homme d’affaires à plein temps, premier rappeur milliardaire de l’histoire selon Forbes, impliqué financièrement dans le sport, les spiritueux, les médias ou la mode.

Paris, Londres, Los Angeles : la tournée continue

De retour sur scène, l’artiste est revenu aux origines de son art. Enchaînant les titres, pas forcément les tubes, sans lâcher une seconde le micro de tout le show, arpentant la scène avec une joie évidente dans une mise en scène plutôt dépouillée au regard du gigantisme de l’endroit. Dans la foule, à chaque morceau, des milliers de voix lui ont répondu en écho, une large partie du public connaissant par cœur les longs textes de ses chansons.

Après avoir rempli trois fois le Yankee Stadium pour un total cumulé de 135 000 à 140 000 personnes, Jay-Z se produira en septembre au Stade de France ( qui n’est pas encore complet ), ainsi qu’à Londres au stade de Tottenham puis enfin à Los Angeles. En prélude à d’autres nouveaux projets ?

Les spéculations vont bon train sur une éventuelle sortie d’un nouvel album de Jay-Z dans le courant de l’année. S’il venait à voir le jour, ce disque pourrait l’amener à entreprendre une tournée plus vaste

Avance Timothy Welbeck