Comme de nombreuses personnalités qui ont soutenu le mouvement de révolte GenZ 212, le documentariste a été placé en garde à vue après avoir été interdit de quitter le Maroc.
Alors qu’il s’apprêtait à quitter le Maroc après avoir fait les repérages pour son prochain documentaire, El Mahdi Lyoubi a été convoqué par la police qui lui a signifié une interdiction de quitter le territoire assorti d’une convocation, avant de le placer en garde à vue à Casablanca depuis le 13 juillet. Son arrestation s’inscrit dans une séquence de répression accrue des voix critiques au Maroc, le journaliste franco-marocain Ali Lmrabet à Tanger avait été interpellé peu de temps avant. Quant à la distributrice de films Zineb Kharroubi, elle a été condamnée le 29 juin dernier, à six mois de prison avec sursis pour “incitation à commettre des crimes ou délits par voie électronique”.
Son comité de soutien Free El Mahdi Lyoubi estime que l’arrestation du cinéaste et rappeur marocain a été provoquée par ses prises de position sur les réseaux sociaux, où il a relayé les revendications du collectif GenZ 212. Depuis 2025, le mouvement, porté par la jeunesse marocaine dénonce la corruption, la dégradation des services publics et le chômage de masse. Il serait actuellement composé de 200 000 membres.
Une tribune de 500 signataires
Une tribune de 500 signataires, dont Adèle Haenel, Meriem Bennani ou Fatima Daas demandent la libération d’El Mahdi Lyoubi. Avant de passer derrière la caméra, il rappait derrière un micro. Déjà dans ses textes, il cultivait une fibre politico-sociale qui est désormais également au cœur de son travail de documentariste. Son court-métrage Marseille, 14 juillet avait été projeté dans le cadre du festival New Film au MoMa de New York.