NOUS Y ÉTIONS – Une seule salle en France, à Montpellier, est équipée d’un projecteur offrant la qualité d’image souhaitée par Christopher Nolan. Le Figaro était à la première séance mercredi matin.

À Montpellier (Hérault)

Avec plus de 13 000 places vendues en prévente, des semaines à l’avance, Pathé aurait pu remplir un stade ! En fait de quoi, c’est pour faire le plein sur près de soixante séances que son cinéma situé dans la zone commerciale Odysseum de Montpellier (Hérault) dans une salle comptant 230 sièges, a fait le plein.


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Les responsables ? L’Odyssée , dernière réalisation de Christopher Nolan et la technologie de diffusion Imax 70 mm… Une première sur le seul écran français permettant à ce jour une diffusion de ce type. Cela se passe donc à Montpellier ; une ville prisée des productions télévisées mais relativement peu des réalisateurs destinant leur production au grand écran.

En l’occurrence, la toile du Pathé Odysseum est un très grand écran de 16,76 par 22,39 mètres. Moelleux, les sièges de cuir noirs inclinables, laissant dans les rangs un large espace pour les jambes – même les grandes – aident à faire passer la note, plus salée qu’un pot de pop-corn. Voir un film en IMAX 70 mm coûte en effet 21 euros pour la première séance de 10 heures… et 29,20 euros pour les suivantes.

Avant que la séance ne commence, quelques petits malins ont bien essayé d’investir un siège laissé vide un peu mieux placé que le leur. Mais, place numérotée oblige, leurs réels « propriétaires» les en ont vite délogés, sans heurts.

La bobine de L’Odyssée pèse 110 kilos et abrite quasiment 18 kilomètres de pellicule.
Guillaume Mollaret/Le Figaro

Le spectacle proposé par Nolan en version Imax ? « C’était magnifique ! », sourit Ennio Besso, un lycéen venu tout exprès de Montélimar (Drôme) située à 1 h 50 de route. Même analyse pour Zoé Reyne, venue quant à elle tout exprès de Marseille (2 heures de route), qui aspire à devenir étudiante en cinéma. « C’était tout simplement exceptionnel. Je suis abonnée Pathé et je ne connais pas de salle avec une assise pareille. L’écran, lui, est absolument gigantesque. Cette projection n’avait même rien à voir avec un film diffusé en Imax classique. Ici, on ressent vraiment l’usage d’une pellicule. Il y a un grain et en même temps, tout semble plus précis. »

Tom, un Américain expatrié à Montpellier, n’a pas réellement eu la sensation de pouvoir profiter du spectacle à sa juste mesure. « J’étais assis au premier rang, alors je me suis senti un peu écrasé… Mais le film est excellent. Il me donne réellement l’envie de me documenter d’avantage sur cette période de l’histoire que je ne connaissais pas vraiment. » Comédiens fraîchement sortis du Cours Florent de Montpellier, Wenaël Briand et Manon Cros ont payé leur place sans barguigner. « Nous étions prêts à nous rendre à Londres, mais quand nous avons vu que le film était diffusé dans ce format à Montpellier, nous avons réservé nos places dès l’ouverture des réservations, il y a environ un mois. » Bien leur en a pris. S’y prenant plus tard qu’eux, Le Figaro a réservé la dernière place disponible, au troisième rang, donc assez bas, en bout de rangée. Le spectacle et la plongée dans l’univers d’Ulysse et son Odyssée n’en fut pas moins saisissante. La hauteur plus importante des images projetées donne une sensation de quasi-vertige. L’immersion dans les scènes de bataille est totale.


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« Si vous allez voir le film en Imax classique, vous manquerez sans doute des extensions de plan et des personnages secondaires… Vous n’aurez pas le film tel que souhaité par le réalisateur à l’origine », détaille Jacques Durand, directeur stratégie technique pour Pathé, présent le jour de la première.

Le décompte sur la bobine avant le démarrage du film. Un charme retrouvé.
Guillaume Mollaret/Le Figaro

Pour ce technicien, l’enjeu en coulisses est énorme. S’il ne le sait pas, le spectateur en salle obscur peut s’en douter, les cinémas utilisent des projecteurs laser. Pour projeter de l’Imax 70 mm, les techniciens de Pathé ont dû être formés à l’usage d’une pellicule ! « Elles avaient disparu de nos cinémas depuis 2010 ou 2011», se remémore Jacques Durand. Dans la cabine de projection, la bobine n’est pas installée à la verticale mais à l’horizontale. L’énorme galette de film mesure un peu moins de 18 km et le poids respectable de 110 kilos. La cabine a beau être climatisée, les projectionnistes sont en sueur. « Je regarderai le film, une fois que tout sera bien apprivoisé et que je serai plus calme », nous confie l’un d’eux. La seconde séance de la journée peut commencer. Voir une pellicule s’élancer… quel bonheur !