Alors octogénaire, le peintre, éminent membre de “l’école de Londres” défendant la peinture figurative aux côtés de Francis Bacon, s’est lancé dans une série de grands portraits – dont celui de la reine Élisabeth II pour ses 50 ans de règne, représentée le visage rougi sous sa couronne, qui fit scandale en 2001.
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L’énergie provocatrice de l’acte pictural de Freud (traquer la vérité des êtres dans de grands portraits crus, souvent nus) aurait pu être un formidable principe de cinéma. Mais trop sagement réalisé par James Lucas et malgré les prestations d’Ellie Bamber reprenant l’accent cockney populaire de Moss, mais dépourvue de son aura rock, et du charismatique Derek Jacobi, le film peine à émouvoir.

Moss & Freud ©Paradiso
On assiste à une série de rencontres plutôt plates, de la National Gallery, où Moss débarque en talons aiguilles et manteau de fourrure, aux scènes de pose trop convenues dans l’atelier du peintre où chacun exorcise ses traumas (lui jeune Juif fuyant l’Allemagne nazie vers l’Angleterre dans les années 30, elle saturée par l’hypersexualisation et la prédation de la mode).
On appréciera pourtant la célébration d’une amitié hors norme et intergénérationnelle (ils prennent de l’opium ensemble et il lui tatoue deux hirondelles au bas du dos), dont subsiste cette immense toile: vendue pour 5,8 millions d’euros aux enchères en 2005, elle représente Kate Moss cheveux courts et enceinte, allongée nue sur un matelas défoncé, rendue à “l’ordinaire” d’une jeune femme britannique issue de la classe populaire.
BIOPIC
Moss & Freud
Réalisé par James Lucas. Avec Elli Bamber et Derek Jacobi. Durée 1H40 60’