Fumer et vapoter seront interdits sur les terrasses à partir de 2027

Selon la FCC, plus de 30 % des fumeurs quotidiens auraient, sur l’année écoulée, tenté, en vain, d’arrêter de fumer. « La majorité des personnes qui fument aimeraient arrêter. Mais pour l’instant, il n’y a pas encore suffisamment de choses qui sont mises en place pour les aider. C’est déjà superbe que des personnes désirent arrêter de fumer. Ça veut dire qu’on a réussi pas mal de choses en mettant en place pas mal de mesures qui font que les personnes se rendent compte qu’elles ne veulent plus être dépendantes de ce produit et qu’elles veulent se libérer de cette dépendance. Mais on doit aller plus loin. On ne peut pas se permettre de laisser sur le bord du chemin les fumeurs qui n’arrivent pas à arrêter. »

Se pose dès lors une question : à quand l’interdiction totale dans l’espace public, y compris en rue comme certaines villes (Tokyo, Milan,…) l’ont déjà fait ? « L’idéal, ce serait que les jeunes ne soient pas du tout exposés aux produits de tabac en rue, commente Nora Mélard. Mais interdire sans mesure pour arrêter une addiction, c’est rarement efficace. En fait, l’idéal, ce serait que plus personne ne soit dépendant de ces produits en s’assurant que chaque personne est accompagnée pour arriver à se détacher de cette dépendance. »

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C’est d’autant plus important, estime l’experte, que plus on est précarisé, plus les difficultés pour arrêter de fumer sont importantes. Notamment par manque d’accès aux soins. « Une étude de Sciensano avait montré que les frais médicaux directs étaient 27 % plus importants chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. C’est énorme. Et ça, ce sont des frais que les personnes doivent débourser en plus de tous les frais directs liés à la consommation de tabac. Le tabac engendre davantage d’inégalités alors que l’on sait déjà que l’on fume davantage dans les milieux défavorisés. Et si la consommation de tabac diminue de manière globale, elle ne diminue pas dans la population des personnes plus précarisées. »

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Et malheureusement, l’aide au sevrage est, pour l’heure, relativement coûteuse. «  »Il y a bien les consultations pour soutenir l’arrêt via le service Tabacstop qui est gratuit et via les Centres d’Aide aux Fumeurs dans les hôpitaux qui sont très accessibles et abordables mais à côté de ça, les consultations chez les tabacologues ne sont pas assez remboursées (NDLR : 30 € la première séance ; 20 € les suivantes). Il faut vraiment s’assurer que ce soit beaucoup plus facile d’arrêter de fumer que de commencer ou de continuer. En quelques semaines, c’est rentabilisé, mais le prix élevé de l’aide au sevrage met une grosse barrière psychologique. Tant qu’un paquet de cigarettes sera moins cher qu’un paquet de patches de nicotine, on n’y arrivera pas. On a tendance à oublier qu’à côté des interdictions, il faut vraiment s’assurer qu’on a tout mis en place pour aider les personnes à arrêter de fumer. « 

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Pourtant, selon la spécialiste, l’État aurait tout intérêt à se passer du tabac. « Les lobbies de l’industrie du tabac aiment rappeler que les accises et les taxes rapportent 3 milliards d’euros par an à l’État. Mais une étude financée par Belspo (NDLR : la Politique scientifique fédérale) avait calculé (NDLR : en 2012) que les coûts directs (soins de santé,…) et indirects (perte de productivité et absentéisme au travail, infertilité,…) s’élevaient à 12 milliards € par an. C’est quatre fois plus que ce que rapporte le tabac en accises et TVA. »

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Selon Nora Mélard, la génération sans tabac promise à l’horizon 2040 par le gouvernement ne serait qu’un écran de fumée si l’État ne prend pas plus de mesures pour décourager l’entrée dans le tabagisme et favoriser le sevrage. « On n’arrivera pas à l’objectif qu’on s’est fixé. S’il n’y a pas davantage de choses qui sont mises en place, c’est sûr et certain. Parce que l’accès aux traitements, les consultations chez les tabacologues sont trop chères. Les substituts nicotiniques également. En Belgique, ils coûtent vraiment très très cher alors qu’en France, ils sont entièrement remboursés, et on voit une belle diminution du nombre de fumeurs en France.. »