Niveau B2 requis
Le parent concerné devra justifier d’un niveau B2 (selon le Cadre européen commun de référence pour les langues), correspondant à une bonne autonomie linguistique. En Belgique, ce niveau est généralement considéré comme le minimum requis pour entreprendre des études supérieures ou exercer une profession en néerlandais.
Cette preuve pourra être apportée de différentes façons, notamment au moyen d’un diplôme néerlandophone ou d’une attestation délivrée après un test reconnu, par exemple auprès de la Huis van het Nederlands ou via le test ITNA (Interuniversitaire taaltest nederlands voor anderstaligen – Test interuniversitaire de néerlandais pour allophones).
La qualité de l’enseignement flamand en déclin
Le gouvernement flamand insiste sur le fait que le niveau de langue exigé n’est pas relevé. Pour la N-VA, c’est une évidence : « Une règle de priorité n’a de sens que si elle bénéfice aux personnes auxquelles elle est destinée », a commenté la ministre flamande en charge de Bruxelles, Cieltje Van Achter (N-VA). « Celui qui choisit sciemment l’enseignement néerlandophone à Bruxelles fait également le choix clair du néerlandais », appuie le député flamand Koen Daniëls (N-VA).
Quant à la ministre de l’Enseignement, Zuhal Demir (N-VA), elle rappelle que cette maîtrise est essentielle pour suivre la scolarité des enfants et communiquer avec l’école.
Des familles néerlandophones se plaignent
Cette réforme intervient dans un contexte de forte pression sur les places disponibles. À Bruxelles, 65 % des places en première année de l’enseignement secondaire néerlandophone sont réservées aux familles pouvant bénéficier de cette priorité linguistique.
Selon l’exécutif flamand, plusieurs plaintes de familles néerlandophones ayant des difficultés à obtenir une place ont conduit à renforcer les contrôles. Les nouvelles règles ne concernent pas les familles qui bénéficient déjà de cette priorité, ni les frères et sœurs d’enfants déjà inscrits.
guillement
La N-VA se plaint que l’on ne vous réponde pas en néerlandais à Bruxelles mais rejette les enfants qui souhaitent apprendre la langue.
Les écoles néerlandophones bruxelloises attirent de nombreux parents francophones et allophones, séduits par leur réputation et les perspectives qu’offre la maîtrise du néerlandais. Une part importante des élèves grandissent ainsi dans une famille où le néerlandais n’est pas la langue parlée à la maison.
Cette forte demande a eu pour conséquence que certaines familles néerlandophones éprouvent des difficultés à obtenir une place dans leur propre réseau scolaire.
Risque d’exclusion, selon les opposants
Pour répondre à cette situation, les autorités flamandes ont instauré une priorité d’inscription pour les enfants dont au moins un parent maîtrise suffisamment le néerlandais, afin de préserver l’accès des familles néerlandophones et le caractère néerlandophone de l’enseignement.
Flandre: premier feu vert pour les classes séparées pour élèves faibles en néerlandais
La réforme est loin de faire l’unanimité. Pour ses opposants, l’accès aux écoles n’est plus seulement régulé par la connaissance du néerlandais mais aussi par la capacité à en fournir une preuve administrative. Selon eux, cette nouvelle exigence risque d’exclure certaines familles qui parlent effectivement le néerlandais, mais sans disposer d’une attestation officielle.
Dans l’opposition, la députée Nadia Naji (Groen), élue à Bruxelles, estime que le gouvernement flamand devrait plutôt augmenter le nombre d’écoles à Bruxelles et aider les enseignants confrontés au défi de l’interculturalité. « La N-VA, conclut-elle, se plaint que l’on ne vous réponde pas en néerlandais à Bruxelles mais en même temps, le parti rejette les enfants qui souhaitent apprendre la langue. »