Gaëtan Willemsen

Par Gaëtan Willemsen

Publié le 16 juillet à 20h37

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Alors que le gouvernement fédéral cherche à faire des économies, l’ONG Greenpeace, elle, propose au monde politique de ne plus aider les entreprises les plus polluantes. Dans son dernier rapport, elle rappelle que la Belgique a consacré ces dernières années plusieurs milliards d’euros pour soutenir des secteurs émetteurs de gaz à effet de serre. Un reportage de Laurent Esnaut et Charline Peeters.


Des subsides, des réductions d’accises ou des quotas de pollution gratuits, c’est tout un ensemble d’aides aux entreprises les plus polluantes que dénonce Greenpeace. Des financements d’un montant de 5,7 à plus de 7,4 milliards d’euros qui bénéficient à de gros industriels comme Total Energie, ExxonMobil ou ArcelorMittal pour aider ces industries principalement dans leurs dépenses énergétiques.

Le plaidoyer de Greenpeace : rediriger cet argent vers des investissements

Des aides qui, selon Greenpeace, maintiennent ces entreprises dépendantes aux énergies fossiles. « Notre demande est très simple. Elle est de récupérer cette grosse manne d’argent pour la réorienter vers les industries, vers les ménages mais pour leur permettre de faire des investissements. Et donc non pas à consommer ces énergies fossiles, mais à investir, ce qui sera bien meilleur pour la compétitivité des entreprises à plus long terme et aussi pour les ménages qui feront des économies sur leur consommation d’énergie », développe Elodie Belleflamme, chargée de transition énergétique chez Greenpeace Belgique.



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Ces aides ne sont pas seulement dénoncées par Greenpeace mais aussi par de nombreux économistes et scientifiques comme ceux du Club de Rome, un groupe de réflexion international. « La justice vient dans le fait qu’on taxe ce qui doit être taxé et qu’on aide ce qui doit être aidé. Cette décarbonation peut se passer d’une façon juste si on commence à interrompre les perversités dans le marché qui aident les plus riches, et en particulier quand je dis les plus riches, ce sont aussi les producteurs d’énergies qui ne sont pas une énergie propre », plaidait ce matin sur Bel RTL la présidente honoraire du Club de Rome, Sandrine Dixson-Declève.

Trois secteurs principalement aidés : pétrochimie, chimie et métallurgie

Les aides sont attribuées principalement à une quinzaine de grosses entreprises spécialisées dans la pétrochimie, la chimie ou la métallurgie. De leur côté, les petites et moyennes entreprises préféreraient, elles aussi, que ces subsides soient mieux répartis. Christophe Wambersie, le secrétaire général Bruxelles – Wallonie du Syndicat Neutre pour Indépendants : « Nous, ce que nous demandons en tant que représentant des plus petits, c’est que lorsqu’il y a des moyens disponibles, ils soient justement répartis entre les plus grands et les plus petits. Nous avons aussi besoin de moyens pour nous développer et en l’occurrence dans tout le domaine de l’énergie, de l’environnement, ce sont encore des secteurs dans lesquels nos entreprises peuvent progresser. »

Un problème de compétitivité selon le SPF Finances

Au SPF Finances qui gère en partie ce système d’aide, on nous dit avoir conscience de ces problèmes mais on assure que ces aides sont nécessaires pour maintenir la compétitivité de certaines grosses entreprises. « Le coût élevé de l’énergie en Europe pèse lourdement sur la compétitivité de nos entreprises. Il est essentiel de préserver notre compétitivité tout en poursuivant la transition énergétique. »

Le gouvernement soutient qu’il veut encourager une transition vers des solutions énergétiques moins polluantes et plus durables. L’Union Européenne, quant à elle, va prochainement réévaluer ces aides tant décriées.