Sensible. Drôle. Artiste. Trois mots, qui, inlassablement, reviennent en boucle dans la conversation lorsqu’on évoque le nom de Pascal Zelcer. Celui qui demeure l’un des principaux attachés de presse du monde théâtral, enchaîne trois saisons à chiffre rond. 2026 : il fête ses 30 ans, en indépendant, dans le métier. 2027 : il soufflera ses 60 bougies. 2028 : il franchira le cap des 30 ans de présence au Festival Off d’Avignon.
Acteur et partenaire
Le saviez-vous acte 1 ? Avant d’être l’attaché de presse de La machine de Turing, Adieu monsieur Haffmann, Les Chatouilles, Le procès d’une vie, et autres créations qui, au global, ont récolté plus de 30 Molières en moins de 15 ans, Pascal Zelcer s’était élancé initialement dans une carrière scénique. À son actif, dans sa prime jeunesse, des stages de jeu au cours Florent et à l’École du passage, notamment avec Niels Arestrup et François Cluzet. « Deux maître fantastiques qui m’ont beaucoup appris. François (Cluzet) m’a marqué avec sa phrase : être un bon acteur, c’est être le meilleur partenaire ».
Juillet 1990 : Pascal Zelcer joue pour la première et dernière fois (à l’instant T) dans le Off avignonnais. À la Condition des soies, il interprète la pièce de Bernard Da Costa, Mort d’un vampire trop honnête. « J’étais en train de perdre mes parents, je culpabilisais d’être là, je pleurais en sortant de scène. » Un traumatisme qui l’éloignera des projecteurs, des années durant, jusqu’en 2016. « J’avais peur de revivre ce moment » concède t-il. « Je ne peux pas dire que j’ai manqué au théâtre mais le théâtre m’a manqué. Douloureusement » insuffle t-il, façon Girardot. Du facétieux dans les yeux, parce que, chez lui, le naturel revient toujours, à un moment donné, au galop.
Être sérieux sans se prendre au sérieux. Plus qu’une devise. Une manière d’être.
Repéreur de talents
Le saviez-vous acte 2 ? Début des années 90 : cousin germain de Stella, la femme de Christian Vander, le leader du groupe culte de rock progressif, Magma, Pascal travaille alors pour le combo. Entre une tournée au Japon et une autre au Canada, il navigue dans différentes missions, « entre attaché de presse et manager. »
En 1998, il accompagne un seul spectacle au Festival Off d’Avignon. En 2026, c’est 17 de plus, dont un lieu, le Théâtre des Doms. Et de tenter subitement, entre le jus d’orange et le pain au chocolat, une diversion conversationnelle de bon aloi, sur le refrain « parlons des autres, ça évitera de parler de moi. » « Cette année, dans le Festival Off, j’ai des coups de cœur sur des interprètes. Je suis persuadé qu’elles vont faire une énorme carrière : Marjorie Dubus (Petit Louvre), Clémence Coullon (Train bleu), Josépha Sini et Sihame Haddioui (les Doms) ». Autant dire que le bonhomme se trompe peu.
De Michalik à Bescond
Retour en arrière : en 2012, il découvre, au théâtre 13 (Paris) Le porteur d’histoire, une pièce d’un jeune auteur, Alexis Michalik. « A la fin de la représentation, je suis allé voir la troupe, que je ne connaissais pas, et je leur ait dit : Si vous me prenez, on aura le 20 heures de TF1 ». Devinez la suite…
Juillet 2026 : Alexis Michalik confie à La Provence : « Pascal (Zelcer) s’intéresse aux gens avant de s’intéresser aux articles. Pour mon film Edmond, vu qu’il est aussi un très bon acteur, il est venu tourner à Prague par moins 17 degrés. Tout ça pour quelques secondes à l’écran et le bonheur d’embrasser Tom Leeb. »
L’auteur et metteur en scène multimoliérisé, Jean-Philippe Daguerre (Du charbon dans les veines), relève pour sa part : « Quand il parle d’un spectacle à un ou une journaliste, Pascal a un truc en plus, c’est qu’il est artiste. Ça fait toute la différence. On a depuis longtemps une relation amicale, plus seulement professionnelle. Il fait partie de la famille ».
Son homologue, Andréa Bescond (Antigone), abonde : « Pascal me touche profondément, notamment quand il chante. Il est au plus près des émotions ».
Sur scène à Paris
Le saviez-vous acte 3 ? Plus que jamais, les planches brûlent l’épiderme de Pascal Zelcer, plus encore que le soleil cajoleur de Djerba la Douce, son refuge ultime : de janvier à mars 2027, il sera bien sur scène, chaque lundi soir, à Paris, et pas n’importe où : à la Comédie Bastille, 180 places au compteur. Titre dudit show : Je reviens te chanter. « Je serai entouré de trois musiciens, autour du répertoire de Gilbert Bécaud. C’est un hommage à mon père, pour le faire exister. Il était coupeur de cravate et avait une voix superbe. » Un spectacle théâtralisé, coécrit avec son ami Grégory Plouviez, journaliste au Parisien.
« Et maintenant que vais-je faire ? » aurait pu titiller Monsieur 100 000 volts, en guise de question rhétorique. Mister Zelcer foulera t-il, sur scène, le Festival Off 2027 ? Un délicieux oxymore pour un homme de l’ombre propulsé dans sa lumière.
« Je reviens te chanter », chaque lundi à 19h, à partir du 11 janvier 2027, à la Comédie Bastille, à Paris.