Le programme secret du Pentagone qui embarque Elon Musk dans la guerre des drones : le privé joue-t-il à « la roulette russe » avec l’humanité ?Un commerce légal, mais stratégique

Selon les données récupérées par Bloomberg, sur les onze premiers mois de 2025, la Russie a importé pour 125 millions de dollars depuis la Thaïlande, représentant 88 % des exportations thaïlandaises dans ce secteur, soit huit fois plus que pour l’année 2024. Dans le même temps, la Chine a expédié pour plus de 186 millions de dollars de drones à la Thaïlande. À titre de comparaison, en 2022, la Thaïlande avait alors exporté pour moins d’un million de dollars de drones, sans aucune expédition vers la Russie.

Parmi les fournisseurs figure Autel Robotics, l’un des principaux constructeurs chinois de drones. La compagnie affirme toutefois respecter les sanctions internationales et assure que ses drones sont conçus pour un usage civil. L’entreprise précise également qu’un système de géolocalisation est censé empêcher leur utilisation dans les zones de conflit.

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Ces achats sont totalement légaux mais interrogent sur la place de l’Asie du Sud-Est dans les échanges commerciaux avec la Russie, sous sanctions occidentales. « La hausse des expéditions via la Thaïlande illustre la difficulté des autorités occidentales à limiter l’accès de la Russie aux armes et aux technologies à double usage », note en effet Bloomberg.

Un lien précieux entre les deux pays

Si les échanges commerciaux augmentent davantage entre les deux pays, c’est que la Thaïlande est un allié stratégique pour la Russie et les deux pays visent d’ailleurs à davantage coopérer. Des représentants gouvernementaux des deux pays s’étaient d’ailleurs réunis il y a quelques mois sur ce sujet et le président de la Chambre de commerce et d’industrie russe avait alors affirmé que « la Thaïlande est l’un des partenaires commerciaux et économiques les plus prometteurs de la Russie en Asie du Sud-Est », rapportaient les médias russes.

La Thaïlande avait également été un allié de taille pour la Russie lors du vote à l’Assemblée générale des Nations unis pour suspendre la Russie des conseils de droits de l’homme. La Thaïlande s’était alors abstenue, une décision qui en avait étonné plus d’un. Plusieurs raisons avaient alors été évoquées : la Thaïlande accueille de nombreux touristes russes et le pays ne voulait alors pas entrer en guerre inutile avec la Russie. La Russie avait alors vivement remercié la Thaïlande et depuis, plusieurs secteurs ont vu leurs exportations exploser entre les deux pays. C’est notamment le cas des exportations agricoles, le blé, le poisson congelé et désormais pour les drones, pilier de la guerre en Ukraine.

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Selon le média The Diplomat, la Chine est en effet devenue en quelques années le principal producteur mondial de véhicules aériens sans pilotes (UAV), contrôlant entre 70 % et 90 % du marché mondial. La Chine investit depuis plusieurs années dans cette production et la guerre en Ukraine a confirmé que les conflits modernes, présents et futurs, seront inévitablement marqués par l’usage de drones. « Seule la Chine offre aujourd’hui la capacité de production, les coûts et la flexibilité logistique nécessaires pour soutenir un tel niveau de consommation », note le média.

L’Ukraine a donc investi massivement dans des composants chinois pour la construction de ses drones, dépensant plus d’un milliard de dollars en 2024. Du côté russe, bien que la Chine affirme ne pas fournir directement la Russie, plusieurs estimations affirment que plus de trois quarts des importations critiques proviennent désormais de Chine. Par ailleurs, des informations de Reuters avaient également révélé que des experts chinois aidaient directement Moscou dans le développement de drones militaires.