« En deux ans, on a fait un boulot énorme, même si tous les résultats ne sont pas encore perceptibles. Quand j’entends l’opposition, on a l’impression que la Wallonie va mal parce que les socialistes ne sont plus là. Au contraire. Les recettes socialistes n’ont pas fonctionné alors qu’on a été gavé d’argent public. »
Selon le PS, ce sont vos recettes qui ne fonctionnent pas. Il pointait, début juin, que le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 21 % en deux ans en Wallonie.
Quel culot extraordinaire, alors qu’ils ont dirigé la Wallonie pendant quarante ans !
Les chiffres sont là.
Non, les chiffres ne sont pas là, ils sont faux. On a changé l’année dernière la manière de comptabiliser les chercheurs d’emploi. Il y a des chercheurs d’emploi qui sont inscrits librement au Forem – c’est la nouveauté – mais qui ne cherchent pas un emploi. Ces personnes ne bénéficient d’aucune allocation sociale, elles ne sont pas suivies par le Forem, mais elles sont reprises dans les statistiques. Je vous le dis clairement : je vais supprimer cette statistique-là. Je veux que le Forem se concentre sur la remise à l’emploi des gens qui cherchent réellement un emploi.
guillement
Les grèves à répétition, les blocages des zonings, cela nuit à l’image de la Wallonie et freine des investissements potentiels.
L’accord du gouvernement wallon prévoit d’atteindre un taux d’emploi de 80 % en Wallonie. On est à 68 % aujourd’hui. On n’y arrivera pas.
Si on y arrivera.
Déjà pour 2029, fin de la législature ?
Peut-être pas en 2029. On ne doit pas négliger les conséquences du contexte géopolitique sur notre économie. Mais je veux maintenir l’objectif. Un taux d’emploi de 80 % en 2029, c’est l’objectif fédéral. La Flandre est plus haute que nous. La Wallonie ne doit pas arriver à 80 % en 2029 pour que ce niveau soit atteint au fédéral. Cela dit, on doit augmenter notre croissance économique, on doit continuer à développer de l’activité économique en travaillant sur le coût du travail, sur le coût de l’énergie, sur la simplification administrative, sur le climat social… Aujourd’hui, le climat social pèse sur les investissements. J’en appelle à une prise de conscience des syndicats. Les grèves à répétition, le blocage de zonings sans arrêt, cela nuit à l’image de la Wallonie et du pays et freine des investissements potentiels.
Que faites-vous pour améliorer le climat social ?
Chacun a sa part de responsabilité. Il y a des élections. La démocratie, elle se fait dans un Parlement et pas dans la rue systématiquement.
La démocratie est plus large, ce n’est pas que le Parlement.
Ce n’est pas non plus bloquer l’économie. Quand on voit des grèves à cause de la machinerie syndicale dans des secteurs où les choses vont bien, cela me pose un problème.
Vous considérez les syndicats comme…
(Il interrompt) … des partenaires. Ils sont associés à toutes les réformes en matière d’Emploi. J’ai fait un pas vers eux dans une série de dossiers. Mais faire des grèves, bloquer des accès d’entreprises… Attention à ne pas aller trop loin parce que c’est un facteur de faiblesse pour l’économie, pour la croissance et pour les entreprises qui veulent investir ici.
Le parc zoologique Pairi Daiza annonçait fin mai renoncer à un subside wallon de 11,5 millions d’euros, tout en maintenant son projet de développement. Certains subsides ne seraient-ils pas accordés de manière trop généreuse ?
On a revu le périmètre des aides à l’investissement. On les recentre sur certains secteurs.
Mais le cas de Pairi Daiza ne montre-t-il pas que des entreprises reçoivent un soutien public sans en avoir réellement besoin ?
Je rappelle d’abord que les aides à l’investissement sont conditionnées aux respects de critères, notamment en matière d’emploi. Alors, probablement que certains investissements se feraient même sans soutien. Mais cela se fera peut-être au détriment d’un autre investissement, qui ne pourra pas être consenti. Le risque, c’est que les entreprises investissent moins ensuite. Et puis, on attire aussi des investisseurs étrangers avec les aides à l’investissement. La Wallonie a besoin d’accueillir de nouveaux investisseurs tout en consolidant la position de ceux qui sont déjà ici.