Cet été, Bastien Duval expose, au Marquisat, à Pont-Croix (Finistère), ses photos noir et blanc. Au gré de ses vagabondages en Pays Bigouden et en Cap Sizun (Finistère), « Hors-saison » met en image les paysages et la vie rurale de la baie d’Audierne. Sans viser la performance photographique, je m’intéresse beaucoup plus à la banalité qu’à l’exceptionnel , résume le trentenaire.
« Un territoire, c’est d’abord le paysage »
Bastien Duval a grandi du côté de Redon. Après des études à Rennes, Bruxelles, et Nantes, il est venu, un week-end, en baie d’Audierne. Je n’en suis jamais reparti , raconte-t-il. En 2025, il s’est installé à Pont-Croix.
Un territoire, c’est d’abord le paysage, qu’il photographie avec des anciens papiers, utilisés pour la photographie de bandes-son du cinéma, récupérés à Josselin (Morbihan), dans le plus petit atelier de pellicule photo du monde.
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Tirés en grand format chez Pascal Le Guen (Plonévez-Porzay), en piézographie (procédé à base de charbon), ils sont nuancés et doux. Hors du symbole à visée touristique, les encadrements d’Arnaud Allain confirment cette démarche esthétique, où l’artifice révèle la géologie de la dune du littoral.
« J’aime jouer sur les absences »
Sur des formats plus petits, Bastien Duval évoque la vie des habitants. Sans visage, car j’aime jouer sur les absences. Ainsi, deux transats, près du chantier d’un jeune couple qui rénove sa maison ; la pile d’assiettes du repas préparé ; les traces d’un tracteur au milieu d’un champ de blé…
Dramatisée par la diagonale du vide, ou bien romancée et champêtre, la ruralité est souvent représentée par des gens de la ville, constate Bastien Duval. Pour que les habitants réfléchissent à leur propre représentation, l’exposition restitue aussi sa résidence avec Coline Jourdan (Atelier Maezad), en compagnie de l’Ehpad de la Fontaine, l’Esat Kan ar Mor, et les élèves de 4e du collège LMCS.
Loin des clichés touristiques et de la représentation carte postale de la baie d’Audierne, en partenariat avec la municipalité et la Cité musicale, « Hors-saison » propose les premières pièces d’un travail au long cours, un livre qui mélangera mes photos et celles des habitants.
Toujours en l’honneur du bicentenaire de la photographie, d’autres travaux locaux rejoindront bientôt ce contre-récit photographique, que Bastien Duval élabore, au fil du temps et des rencontres.
Jusqu’au 4 septembre : au Marquisat, 6, rue de la Prison – du mardi au samedi, de 10 h 30 à 12 h 30 et de 15 h à 19 h, nocturne le mardi, jusqu’à 21 h – entrée libre.