Parmi les éléments saillants, le gouvernement De Wever a estimé qu’un tiers des personnes exclues du chômage, à la suite de la limitation du chômage dans le temps, retrouveraient un emploi, un tiers se tourneraient vers les CPAS, et un tiers disparaîtraient des radars. « Cette hypothèse risque de ne pas être réaliste », a déclaré Rudi Moens, conseiller à la Cour des comptes, devant les députés. Davantage de personnes devraient se tourner vers les Centres publics d’action sociale. Le coût de la réforme à charge des CPAS atteindrait ainsi « 709 millions d’euros d’ici à 2029, soit 360 millions de plus que les moyens actuellement prévus par le gouvernement », a chiffré Olivier Hubert, lui aussi conseiller à la Cour.

L’opposition redit le mal qu’elle pense du budget après le rapport de la Cour des comptes : « Environ 1 milliard d’euros remis en question »Il manque des centaines de millions

Les recettes liées à l’augmentation des accises sur le gaz sont, elles, surestimées de 195 millions d’euros (rendement de 170 millions au lieu de 365 millions). La Cour des comptes épingle les incertitudes sur le rendement de la taxe sur les plus-values et du plafonnement de l’indexation des salaires. Quant à l’annulation de l’augmentation de la TVA sur la culture et les plats à emporter, elle représentera un manque à gagner de 475 millions d’euros…

Grâce à ses réformes, l’Arizona disait dans son accord de gouvernement vouloir atteindre un taux d’emploi de 80 % en 2029. L’objectif a été ramené à 78 % dans la présentation du budget, mais il ne devrait atteindre que 74,3 % (72,7 % en 2025), selon les estimations. Quant au déficit public de l’État fédéral et de la sécurité sociale, il devrait se chiffrer à 31,2 milliards d’euros (4,3 % du PIB) en 2029, loin de l’objectif fixé dans l’accord de gouvernement (3 %).

L’Arizona disait dans son accord de gouvernement vouloir atteindre un taux d’emploi de 80 % en 2029. Il ne devrait atteindre que 74,3 %, selon le rapport de la Cour des comptes.

« L’analyse de la Cour des comptes est fouillée, pertinente, elle objective le travail du gouvernement. Pour tous les gouvernements, la Cour applique la même éthique de travail », a salué le député PS Frédéric Daerden. Avant – on le sentait venir – d’attaquer : « Après le rapport 2025, le rapport 2026 est tout aussi sévère. Je n’ai pas souvenir de deux avis aussi durs ». Le socialiste constate notamment que « le gouvernement a adapté à trois reprises ses objectifs de déficit budgétaire : de -26 milliards d’euros en 2029 à -30 milliards, puis -31 milliards, dernier objectif qui est déjà de nouveau dépassé… »

« M. Daerden, vous vous souvenez du déficit en 2024 », lui a lancé Alexia Bertrand (Anders, ex-Open VLD). « Il était de 2,8 % », a-t-il répondu. « Exactement : 2,8 %, a confirmé la libérale. Et on se dirige vers les 5 %. Je sais que ça vous fait aussi mal qu’à moi. »

Budget 2026 : la Belgique respecte l’Europe… mais la dette reste explosivePlace au contrôle budgétaire

« Le rapport de la Cour des comptes est un moment de vérité, a appuyé Sofie Merckx (PTB). Le gouvernement a vu le jour en disant qu’il allait remettre les comptes publics en ordre, réduire le déficit public et sauver la sécurité sociale. Quand on lit le rapport, le financement de la sécurité sociale reste problématique et le déficit budgétaire augmente. […] On a peut-être des ingénieurs, mais pas des comptables, ça, c’est sûr », a-t-elle asséné en référence à une déclaration du président du MR, Georges-Louis Bouchez (« On va gérer le pays comme des ingénieurs, pas comme des poètes »).

« Il faudra continuellement rectifier le budget. Je pense que c’est lié à l’agenda de réformes substantielles entrepris par le gouvernement », a voulu nuancer Koen Van den Heuvel (CD & V), résumant l’avis de ses collègues de la majorité. Le gouvernement s’est déjà donné rendez-vous en mars pour son premier contrôle budgétaire.