L’une des plus pittoresques rues de Dole, la rue Pasteur, est également celle empruntée régulièrement par les touristes qui viennent visiter la maison Pasteur, à quelques pas de l’endroit où Michel Lamotte a posé chevet et palette pour saisir cette ambiance bucolique. L’artiste invite l’observateur à se positionner au niveau de la patte d’oie, avec à gauche, la rue Pasteur, et à droite, la rue Granvelle.

Nicolas Perrenot de Granvelle, la voix de l’Empereur

Deux rues et deux destins qui se rejoignent dans la grande histoire de Dole. La rue Granvelle est bien antérieure dans son patronyme, à celle du scientifique : Nicolas Perrenot de Granvelle nous ramène au XVIe  siècle.

L’homme, né en 1486 à Ornans (alors dans le comté de Bourgogne), était au service de la maison des Habsbourg et un très proche de Charles Quint. Une place qui lui conférait d’énormes pouvoirs. Il fait ses études à Dole, où il apprend le droit, devenant avocat de l’archevêque de Besançon.

Avec le soutien, notamment de Marguerite d’Autriche, Nicolas Perrenot de Granvelle deviendra le représentant de Charles Quint en tant que chancelier puis garde des Sceaux. La famille Perrenot de Granvelle sera en deux générations la famille la plus riche et la plus puissante dans le comté de Bourgogne et de Besançon.

Un quartier insalubre

La rue Pasteur est bien plus récente, puisqu’elle en a pris le nom en 1886, comme nous l’apprend l’association Les Amis de Pasteur. Avant, la rue était connue dès 1274 sous le nom de rue des Chevannes (activité liée au chanvre), puis, avec le développement des tanneries le long du canal, vers 1800, la rue des Chevannes est rebaptisée rue des Tanneurs.

À l’époque de Pasteur, la rue est sans cesse parcourue par les bêtes conduites à l’abattoir. Le canal arrivant au pied des maisons, le quartier est humide, nauséabond et insalubre. Néanmoins, des notables s’y établissent à côté des artisans, comme en témoigne l’hôtel de Champagney tout proche.

La place du piéton interrogée

Comme on le voit grâce au tableau de M. Lamotte, le quartier n’a pas pris une ride dans sa structure. La végétation sur le mur de droite est aussi abondante et, point commun avec notre photo : en 1958, il y avait déjà des vélos !

Mais paradoxalement, si l’œuvre du peintre révèle des trottoirs, « inventés » lors du partage de l’espace public entre piétons et voitures, on y voit aussi des enfants jouant aux billes ou au ballon, sans se soucier de la circulation, qui devait être bien plus calme d’aujourd’hui.

Sur notre image « 2026 », nul sac de billes, et plus de passe, balle au pied, alors que les trottoirs ont disparu. Les enfants auraient-ils déserté le pavé ? Les véhicules ont pris la place des trottoirs alors qu’un petit panneau, au centre de l’image, a pourtant fait son apparition.

Musée des Beaux-Arts de Dole, ouvert tous les jours de 10 heures à midi et de 14 à 18 heures, sauf les dimanches matin, les lundis et les mardis du 1er novembre au 31 décembre. Fermé le 1er  mai, le 1er  novembre, et du 25 décembre au 1er  janvier. Entrée libre.