Une prouesse architecturale à l’accent belge
Après avoir parcouru les moins de trois heures qui séparent la Belgique de l’aéroport de Rabat-Salé, il suffit de quelques secondes pour apercevoir à l’atterrissage cette prouesse architecturale qu’est la Tour Mohammed VI. Inaugurée en avril 2026, le plus haut gratte-ciel du Maroc et la troisième plus haute tour d’Afrique se dresse fièrement face au Bouregreg en dominant l’horizon de Rabat et de Salé. En son sein, à partir du 29e étage, débute la dernière aventure de la marque Hilton. Une adresse qui ressemble moins à un hôtel qu’à une rampe de lancement.
Entre vue panoramique et brunch californien, cet hôtel mélange les goûts dans le sud de la France
La métaphore spatiale s’impose naturellement. L’édifice, auquel la société belge Besix a participé, évoque une fusée prête à quitter le sol. Une image qui porte à sourire lorsqu’on apprend que le propriétaire, l’homme d’affaires Othman Benjelloun, entretient lui-même un lien avec le programme Apollo. La deuxième fortune du Maroc fut invitée en 1969 par la NASA à Cap Canaveral pour assister aux préparatifs de la mission Apollo 12.
Clin d’œil assumé donc, le voyage commence ici… mais sans quitter la Terre. Dès l’entrée dans la suite, le tumulte de la ville disparaît. Les volumes généreux, les matériaux nobles (marbre au sol et sur les murs, dentelle de stuc au plafond…) ainsi que le mélange de lignes contemporaines et de touches d’authenticité marocaine créent une atmosphère feutrée où tout semble pensé pour ralentir le rythme. Mais le véritable luxe se trouve derrière les baies vitrées avec un panorama spectaculaire qui mène jusqu’à l’océan Atlantique. Se réveiller face à cette vue donne presque l’impression de flotter au-dessus de la capitale.

La salle de bain d’une suite du Waldorf Astoria Rabat Salé. ©Instagram waldorfastoriarabatsaleUn voyage culinaire entre le Maroc, New York et la Méditerranée
La restauration fait partie des véritables points forts de l’hôtel, avec plusieurs identités culinaires qui évitent soigneusement la redondance. Le Peacock Restaurant revendique une inspiration new-yorkaise et une cuisine internationale. Imaginé par le décorateur Pierre-Yves Rochon, l’espace mêle des nuances de beige et de bleu qui rappellent autant les façades de Rabat que les reflets de l’Atlantique. Au centre de la salle, une impressionnante horloge Grand Orrery, inspirée de l’astrolabe et de l’harmonie du système solaire, donne le ton. Même la carte des cocktails prolonge cette idée : chaque création est associée à une planète, dont elle reprend les couleurs et la personnalité.
L’ambiance change à la Brasserie Magnolia, plus chaleureuse et profondément ancrée dans les saveurs marocaines. Les mezzés invitent naturellement au partage : baba ganoush, briouates (cette spécialité que l’on retrouve aussi bien dans les mariages que sur… les plages marocaines), mini pastillas au poulet ou encore pizzettas cuites dans un véritable four à pizza. Les amateurs de viande apprécieront la cuisson au Josper, qui sublime aussi bien le poisson du jour qu’un boeuf Wagyu ou une épaule d’agneau.

La Brasserie Magnolia aux accents marocains. ©Instagram waldorfastoriarabatsale
L’expérience se poursuit au restaurant signé Alain Ducasse, où la Méditerranée sert de fil conducteur avec une cuisine inspirée des rivages de l’Adriatique. Mais c’est paradoxalement le petit déjeuner, proposé dans la même salle, qui laisse le souvenir le plus marquant. Ici, pas de buffet démesuré : tout est servi à table avec une précision gastronomique. Entre les viennoiseries, une brioche délicatement parfumée à la fleur d’oranger, un Cookpot signature associant champignons de la région et jambon Wagyu, les jus préparés avec des oranges marocaines et les fruits de saison, chaque détail compte. Et puis il y a l’amlou. Cette pâte à base d’amandes, d’huile d’argan et de miel, véritable trésor de la gastronomie marocaine, s’impose comme un véritable coup de coeur.
Un spa suspendu entre ciel et terre
Le bien-être suit la même philosophie que le reste de l’établissement : faire entrer le paysage dans chaque expérience. La piscine intérieure et le jacuzzi offrent une vue imprenable sur la ville, transformant une simple séance de détente en moment contemplatif. Plus bas, au rez-de-chaussée, la piscine extérieure invite à profiter du soleil marocain dans un environnement plus végétal.
Le spa complète cette parenthèse avec une carte de soins où l’on personnalise son massage dès les premières minutes en choisissant son huile (fleur d’oranger, lavande, noix de coco…). Le rituel se conclut autour d’un thé local servi dans un calme presque méditatif, prolongeant les bienfaits d’un service qui ressemble à tous ceux offerts par la maison. Car l’hospitalité marocaine est loin d’être usurpée, elle s’élève même ici à un niveau supérieur.