Un pschitt dans le nez et vous voilà protégé contre toutes les infections de l’hiver ! Ça vous paraît improbable ? Ce n’est pourtant pas de la science-fiction.

Des chercheurs américains de l’Université de Stanford viennent en effet de mettre au point un produit qui, administré par pulvérisation nasale à des souris, s’est révélé efficace pour lutter contre la toux, le rhume, la grippe, les infections pulmonaires bactériennes… et même les allergies ! Leur découverte a fait l’objet d’une publication dans la prestigieuse revue Science.

Une rupture par rapport aux vaccins traditionnels

Comment fonctionne ce vaccin « universel » ? À la différence des vaccins traditionnels qui, en utilisant des morceaux de virus ou de bactéries, entraînent le système immunitaire à faire barrage à un type bien spécifique d’infection, ce nouveau vaccin stimule l’immunité locale des poumons afin d’obtenir une défense large et durable.

Le rhume n’est pas toujours anodin, surtout chez les personnes fragiles. Tout dépend de la capacité du nez à bloquer le virus avant qu’il ne gagne les voies respiratoires. Une étude de la faculté de médecine de Yale nous explique pourquoi. © XD avec ChatGPT

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Ce n’est pas le virus qui fait la gravité du rhume, mais ce qui se passe dans votre nez dès les premières heures !

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L’idée est de reproduire les signaux que les cellules immunitaires s’échangent lors d’une infection respiratoire afin de déclencher une réaction dans les voies aériennes. Il s’agit donc de mêler immunité innée et immunité adaptative afin qu’elles s’entretiennent mutuellement.

Le produit – une « formulation liposomale intranasale » – contient un antigène modèle appelé ovalbumine qui servirait d’appât immunologique en attirant les lymphocytes T dans les poumons, de manière à maintenir en état d’alerte les macrophages pendant plusieurs semaines, ce qui ne se produit habituellement pas avec l’immunité innée.

Les chercheurs ont démontré qu’en administrant trois doses du vaccin à une semaine d’intervalle à des souris, elles étaient protégées durant plus de trois mois contre le virus SARS-CoV-2.

Selon les calculs des chercheurs, ce nouveau vaccin pourrait réduire de 700 fois la charge virale pulmonaire en repoussant les virus tentant de pénétrer dans les poumons « à une vitesse fulgurante », précise Bali Pulendran, professeur de microbiologie et d’immunologie à Stanford, qui a participé à l’étude.


Ce vaccin met les globules blancs appelés macrophages en « alerte orange » afin qu’ils soient prêts à passer à l’action dès qu’un agent infectieux tente de s’introduire dans l’organisme. © Екатерина Шпаченко, Adobe Stock (image générée à l’aide de l’IA)

Un vaccin « universel »

Les auteurs ont démontré qu’il conférait également une protection de trois mois à des souris exposées à des bactéries, comme Staphylococcus aureus (responsable d’infections alimentaires et de la peau) et Acinetobacter baumannii (responsable d’infections nosocomiales). Et il fonctionnerait aussi quand les animaux sont exposés à des agents non infectieux comme des protéines d’acariens de poussière de maison, c’est-à-dire des allergènes connus comme étant un facteur déclenchant de l’asthme allergique.

La nature aussi est source d’allergie - Crédit photo cathy stancil - Fotolia

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Quels sont les principaux allergènes ?

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Interrogé par la BBC, Bali Pulendran explique que « ce vaccin, que nous qualifions de vaccin universel, suscite une réponse beaucoup plus large qui protège non seulement contre le virus de la grippe, le virus Covid et le virus du rhume, mais aussi contre pratiquement tous les virus, toutes les bactéries que nous avons testées et même les allergènes. »

Toute la question désormais est de parvenir à activer l’immunité localement, fortement et durablement… sans déclencher d’inflammation inutile. C’est que les tests sur des humains devraient permettre de vérifier.