Une nouvelle révélation sur l’affaire Balogun enfonce encore un peu la Fifa

Le constat est d’autant plus sévère qu’il ne vient plus seulement des opposants habituels. Le Conseil de l’Europe, partenaire de la Fifa depuis 2018, a choisi de sortir de sa réserve ce dimanche, juste avant la finale entre l’Espagne et l’Argentine. Dans une lettre d’une rare fermeté, son secrétaire général Alain Berset appelle à rebâtir un cadre d’intégrité avant le Mondial 2030. Ce ne sera pas du luxe…

Lorsqu’un partenaire institutionnel dénonce une « porte ouverte à la fraude », s’inquiète de l’influence politique sur les décisions disciplinaires et alerte sur la place prise par les paris sportifs, entre autres griefs, il ne s’agit pas d’une nouvelle polémique de circonstance. C’est un vrai signal d’alarme. Cette carte rouge assénée à la Fifa a ceci de paradoxal que jamais l’institution n’a été aussi prospère. Son président Gianni Infantino s’apprête à annoncer des revenus records et son pouvoir paraît plus solide que jamais. Mais gouverner le football ne consiste pas seulement à faire croître un chiffre d’affaires. En alimentant les polémiques, ou en ne les éteignant pas, la Fifa a pris un risque immense : celui de dénaturer son joyau. Si elle veut préserver ce qui fait encore la force universelle de son sport, elle devra entendre les appels à la démission de son président et les critiques au lieu de les contourner. Sous peine de voir les regards progressivement se détourner.