Députée et médecin, Hanane Atarguine (PAM) appelle au retour de l’obligation du dépistage MST avant le mariage. Une pratique devenue formelle.

Par
Sara Ibriz

Le 24 février 2026 à 13h13
|
Modifié 24 février 2026 à
13h23

L’obligation des tests MST (maladies sexuellement transmissibles) avant le mariage est remise en avant. La députée PAM (Parti authenticité et modernité) Hanane Atarguine interpelle le ministère de la Santé sur le caractère obligatoire et effectif des tests de dépistage avant le mariage.

Médecin, dermatologue, elle demande au département d’Amine Tehraoui de remettre de la rigueur dans une procédure qu’elle juge aujourd’hui largement vidée de sa substance.

Les chiffres parlent

Exerçant à Marrakech, Hanane Atarguine s’appuie sur son expérience de terrain pour alerter. Contactée par Médias24, elle explique qu’un volet de sa spécialité concerne les maladies génitales et donc sexuellement transmissibles.

“Il y a des chiffres effarants du ministère de la Santé ou de l’Association de lutte contre le sida (ALCS) sur le nombre de personnes atteintes du Sida par exemple”, explique-t-elle. Elle rappelle qu’un patient séropositif doit suivre un traitement à vie et demeure vulnérable à d’autres pathologies.

Les données officielles confirment l’ampleur du sujet. En 2025, le Maroc comptait environ 23.500 personnes vivant avec le VIH, adultes et enfants confondus. Les autorités ont enregistré 990 nouvelles infections et 400 décès liés au Sida.

Une pratique devenue formelle

Sur le terrain, la députée estime que la réalité dépasse les statistiques. “Par ma profession, je constate que les MST sont très nombreuses. Même les chiffres publiés ne montrent pas vraiment la réalité. Beaucoup de personnes sont atteintes sans le savoir et transmettent la maladie à d’autres”, affirme-t-elle.

Au cœur de sa question parlementaire, la procédure du certificat médical préalable au mariage. Hanane Atarguine rappelle qu’à la fin des années 1990 et au début des années 2000, les futurs époux devaient obligatoirement réaliser des analyses avant l’union.

“Cela existait à l’époque. Mais petit à petit, la procédure a pris une forme purement formelle. Il suffit d’aller dans un hôpital de proximité, un centre de santé ou un dispensaire pour qu’un médecin remplisse le certificat, sans consultation ni analyses”, déplore-t-elle.

“Les enfants peuvent aussi être touchés”

Pour la députée, cette dérive prive les couples d’un outil de prévention essentiel. “Les époux discutent de beaucoup de choses futiles et oublient l’essentiel : leur santé. Imaginez que l’on se lie à une personne atteinte du Sida, de la syphilis ou d’une hépatite virale. Les enfants peuvent aussi être touchés. La santé reste le capital de chacun”, insiste-t-elle.

Hanane Atarguine appelle ainsi le ministère de la Santé à redonner un contenu réel à cette obligation, et à la rendre effective avant la signature de l’acte de mariage. “Nous espérons que cela ne soit plus une simple formalité. Il faut que ce soit pris au sérieux et réellement obligatoire. Cela relève de la santé de la famille et de la société. Si nous voulons avancer, nous devons investir dans l’être humain”, conclut-elle.


Médias24 - Journal économique marocain en ligne


Vous avez un projet immobilier en vue ? Yakeey & Médias24 vous aident à le concrétiser!

Si vous voulez que l’information se rapproche de vous

Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp

© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.