Mais à la surprise générale, le gendarme de l’audiovisuel francophone belge avait dû déclarer ces plaintes envers Mme Galant irrecevables, le CSA n’ayant toujours pas été officiellement désigné par la FWB comme l’organe compétent dans le cadre de l’EMFA.
Le projet de décret en question, qui est aujourd’hui toujours à l’examen au sein du gouvernement, a été approuvé en 1re lecture en gouvernement en septembre dernier. Sa 3e lecture est toujours pendante.
Le PS soupçonne Jacqueline Galant d’avoir retardé consciemment les procédures
Dans l’opposition, le PS a à plusieurs reprises interrogé en commission la ministre sur l’avancement du texte législatif, et notamment le moment de la transmission du projet par l’administration.
La ministre a toujours assuré que le texte n’avait pu faire l’objet d’une première validation en gouvernement qu’en septembre 2025 seulement. Mais du côté socialiste, on croit savoir que le projet était en réalité déjà prêt à monter en gouvernement dès février 2025.
« Nous avons la conviction, pas la preuve, que l’administration a produit des documents bien plus tôt que ce mois de septembre… », accuse Martin Casier, chef de groupe PS au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Pour en avoir le cœur net, les socialistes ont donc décidé de saisir la commission d’accès aux documents administratifs (CADA) de la FWB. Ils espèrent y trouver la preuve de leurs affirmations.
« Si demain, soit il n’est pas fait suite à notre demande d’obtenir ces documents, soit les documents confirment que les textes étaient prêts à la fin 2024 ou au début 2025, nous aurons alors un acte (de la ministre Galant): celui d’avoir consciemment retardé la mise en œuvre d’un projet de décret… », poursuit M. Casier sur un ton comminatoire.
Le mot n’est pas lâché, mais les socialistes espèrent clairement y trouver matière à réclamer à nouveau la démission de la ministre Galant.
Interrogée lundi par Belga, la libérale rejette les soupçons socialistes.
« J’ai toujours été tout à fait transparente sur le dossier. La transposition du règlement EMFA a suivi son cours ces derniers mois lors d’échanges aussi techniques que constructifs entre mon cabinet et l’administration. Le texte passera d’ailleurs en 3e lecture rapidement. Je demande à chacun de reprendre ses esprits et de s’opposer sur base de faits, non pas de sous-entendus visant à ternir une quelconque image », insiste Jacqueline Galant.