Lorsque Nintendo a entrepris de créer Splatoon, l’entreprise a fait un pari peu commun : plutôt que de confier cette nouvelle licence à une équipe de vétérans, Shigeru Miyamoto a réuni une poignée de jeunes développeurs issus principalement de l’équipe d’Animal Crossing, auxquels se sont greffés des créateurs de Nintendo Land et Star Fox 64 3D. Leur mandat était simple : oublier les conventions, expérimenter et imaginer quelque chose de complètement inédit. Plus de dix ans plus tard, cet esprit d’innovation continue d’animer la franchise. Avec Splatoon Raiders, Nintendo délaisse le multijoueur compétitif qui a fait la renommée de la série pour s’aventurer sur un terrain encore inexploré par l’entreprise : celui du loot shooter. Un pari audacieux, mais est-il réussi ?
Fiche Technique de Splatoon Raiders
Date de sortie : 23 juillet 2026
Style : Action-aventure, loot shooter
Classement ESRB / PEGI : E10+ / PEGI 7
Développeur : Nintendo
Éditeur : Nintendo
Langue d’exploitation : Offert en français
Exclusivité Nintendo Switch 2
Prix lors du test : 69,99 $ CAD / 59,99 €
Site officiel
Code envoyé par l’éditeur
Une aventure qui mise davantage sur son univers
Dans Splatoon Raiders, on incarne Mécano, un jeune inventeur qui accompagne Pasquale, Angie et Raimi vers les mystérieuses îles Spirhalite à la recherche d’un trésor légendaire. Leur expédition tourne toutefois au cauchemar lorsqu’une violente tempête force leur hélicoptère à s’écraser sur l’archipel. Coincé loin de toute civilisation, le groupe transforme un vieux navire en quartier général et entreprend d’explorer les différentes îles afin de percer leurs mystères, retrouver le trésor et, surtout, trouver un moyen de quitter les lieux.
Le scénario sert avant tout à donner un objectif à l’aventure et ne constitue pas son principal attrait. Il faut dire que, même après quatre jeux Splatoon, je serais bien incapable de vous résumer l’histoire globale de la franchise. Bien que Splatoon Raiders accorde davantage d’importance à sa narration que les épisodes précédents, ce n’est pas ici que la série m’a finalement accroché. Ce n’est toutefois pas par manque d’efforts de la part des développeurs, car le jeu regorge de détails pour ceux qui souhaitent s’y attarder.

Le premier véritable loot shooter de Nintendo?
S’il y a une chose qui distingue immédiatement Splatoon Raiders des autres jeux de la série, c’est qu’il s’agit, à mes yeux, du premier véritable loot shooter de Nintendo. Chaque expédition nous envoie accomplir des missions aux objectifs variés. Certaines consistent à traverser un secteur en détruisant d’immenses cristaux de Spirhalite qui bloquent le chemin, d’autres nous demandent de creuser les différentes strates afin de récolter des ressources tout en repoussant des vagues d’ennemis. Il faudra aussi parfois atteindre l’extrémité d’une zone pour déterrer un trésor, protéger un objectif ou survivre à des affrontements particulièrement intenses. Cette diversité renouvelle régulièrement l’expérience, même si la structure des missions demeure familière. Après plusieurs dizaines d’heures, certains objectifs finissent inévitablement par se répéter, mais la richesse de la progression et des possibilités de personnalisation fait en sorte que cette répétition ne devient jamais réellement lassante.
À cela s’ajoute un système de butin étonnamment complet. Les nombreuses armes emblématiques de Splatoon sont de retour, mais elles peuvent désormais être trouvées dans différents niveaux de qualité, influençant directement leurs statistiques et leurs capacités. Chaque expédition est ainsi l’occasion de mettre la main sur un meilleur équipement, de renforcer ses armes favorites ou encore de démanteler celles devenues inutiles afin de récupérer les minéraux nécessaires à la fabrication et aux améliorations. Cette chasse au meilleur équipement devient rapidement l’un des principaux moteurs de la progression. Dès les premières heures, il est d’ailleurs difficile de ne pas voir Splatoon Raiders comme l’évolution naturelle de Salmon Run. Comme il s’agissait déjà de mon mode préféré dans les derniers jeux de la série, j’ai rapidement eu l’impression que Nintendo avait enfin décidé d’en faire une aventure complète.
Entre les expéditions, notre navire sert de véritable quartier général. Celui-ci peut être amélioré au fil de l’aventure afin de débloquer de nouvelles fonctionnalités et de faciliter la progression. J’ai particulièrement apprécié la possibilité d’y installer des mannequins d’entraînement, parfaits pour tester une nouvelle arme, expérimenter différentes combinaisons de gadgets ou simplement se familiariser avec un nouveau réservoir d’encre avant de repartir en mission. Ce genre de détail démontre à quel point Splatoon Raiders encourage les joueurs à expérimenter plutôt qu’à s’en tenir à une seule configuration.

Une profondeur étonnante
Le gameplay est également enrichi par trois types de réservoirs d’encre aux fonctions bien distinctes. Chacun d’eux donne accès à un ensemble pouvant compter jusqu’à cinq gadgets aux effets très variés, permettant de personnaliser efficacement son personnage selon son style de jeu. Que vous privilégiiez la mobilité, le contrôle du terrain, les dégâts ou une approche plus défensive, il est facile de créer une configuration qui vous ressemble. Bien qu’il soit naturel de développer une préférence pour un réservoir en particulier, Splatoon Raiders évite intelligemment de nous laisser nous reposer sur nos acquis. Au fil de l’aventure, certaines zones et certains objectifs exigent l’utilisation d’un réservoir précis, nous poussant ainsi à maîtriser les trois styles de jeu et à exploiter pleinement toutes les mécaniques proposées. Cette variété change véritablement la façon d’aborder les missions et contribue à atténuer leur aspect parfois répétitif. Même lorsque les objectifs reviennent, le simple fait d’expérimenter un nouveau réservoir ou une nouvelle combinaison de gadgets suffit souvent à renouveler l’expérience.
La personnalisation ne s’arrête toutefois pas là. Les gadgets peuvent être améliorés grâce à une multitude de composantes que l’on découvre au fil des expéditions ou que l’on développe à partir des ressources récoltées. Celles-ci modifient leur comportement, renforcent leurs effets ou leur confèrent de nouvelles propriétés, offrant une grande liberté dans la création de son équipement. Comme le nombre d’emplacements est limité, il faut constamment faire des choix afin de privilégier les composantes qui correspondent le mieux à notre façon de jouer.
Enfin, chaque montée de niveau permet d’investir un point dans l’une de quatre catégories principales : augmenter les dégâts de nos armes, améliorer la puissance de nos gadgets, accroître notre nombre de points de vie ou débloquer davantage d’emplacements pour équiper des composantes. Ce qui m’a le plus surpris, c’est à quel point Splatoon Raiders ne cesse d’introduire de nouvelles possibilités de progression tout au long de l’aventure. Je croyais avoir fait le tour de ses systèmes, puis une nouvelle mécanique, une nouvelle composante ou une nouvelle option de personnalisation venait enrichir l’expérience. Le résultat est un jeu offrant une profondeur étonnante, où il est facile de créer un personnage qui correspond réellement à notre style de jeu. J’ai particulièrement apprécié cette liberté, qui donne constamment envie de retourner en mission afin d’essayer une nouvelle combinaison d’armes, de gadgets ou de composantes.
Cette richesse ne se limite d’ailleurs pas aux systèmes de progression. Au moment où le générique s’est affiché, j’avais déjà investi une quinzaine d’heures dans l’aventure et mon personnage avait atteint le niveau 42. Pourtant, j’avais encore l’impression de n’avoir exploré qu’une partie de ce que Splatoon Raiders avait à offrir. De nombreuses améliorations restaient à débloquer, mon équipement pouvait encore être grandement perfectionné et plusieurs missions recommandaient un niveau largement supérieur au mien. J’ai particulièrement apprécié ce sentiment de ne jamais arriver au bout de la progression. Les joueurs qui aiment optimiser leur équipement et relever des défis toujours plus corsés auront largement de quoi s’occuper, même après avoir terminé l’histoire principale.

Une progression toujours gratifiante
Malgré son importante composante de progression, Splatoon Raiders parvient à maintenir un excellent équilibre entre défi et récompense. Les ennemis gagnent progressivement en puissance, les différentes zones proposent plusieurs niveaux de difficulté et le jeu nous encourage constamment à repousser nos limites. Heureusement, chaque expédition est généreusement récompensée, ce qui donne toujours l’impression que nos efforts portent leurs fruits.
J’ai particulièrement apprécié le fait que le jeu ne soit jamais punitif. Même après un échec, on conserve les ressources récoltées jusqu’à ce point, ce qui évite la frustration de perdre plusieurs dizaines de minutes de progression. Au contraire, chaque tentative permet de revenir un peu plus fort grâce aux nouvelles armes, aux améliorations ou aux composantes récupérées. Cette approche donne constamment envie de repartir en mission plutôt que de craindre l’échec.
Enfin, les boussoles disséminées dans les différents tableaux cachent l’une de mes activités préférées. Elles permettent de localiser des défis spéciaux où le jeu nous impose une combinaison précise d’armes, de gadgets et de réservoirs d’encre. Ces épreuves prennent souvent la forme de véritables casse-têtes, nous obligeant à exploiter des mécaniques que nous n’aurions peut-être jamais utilisées autrement. J’ai d’ailleurs ressenti une réelle satisfaction en venant à bout de plusieurs d’entre eux, tant ils demandaient de réfléchir différemment plutôt que de simplement éliminer tous les ennemis. En plus d’offrir une excellente variété, ces défis sont particulièrement gratifiants puisqu’ils accordent un point d’attribut supplémentaire une fois complétés. Ce sont de loin les séquences que j’attendais avec le plus d’impatience à chaque nouvelle zone.

Une coopération bien pensée
Même si Splatoon Raiders a avant tout été conçu comme une aventure solo, il est possible de parcourir son monde en coopération avec jusqu’à trois autres joueurs. Concrètement, on rejoint la partie d’un hôte afin de l’aider à progresser dans son aventure. Si l’avancement des missions et des différents tableaux est réservé au propriétaire de la partie, tous les participants conservent les ressources et le butin récoltés durant l’expédition, ce qui rend chaque session profitable, peu importe son rôle.
J’ai également apprécié la possibilité d’appeler d’autres joueurs à l’aide lorsque certains tableaux se révélaient particulièrement difficiles. Cette fonctionnalité apporte un agréable esprit de coopération sans jamais dénaturer l’expérience, qui demeure avant tout pensée pour être vécue en solo. Nintendo a trouvé un bon équilibre entre les deux approches, offrant une aide bienvenue à ceux qui en ressentent le besoin tout en récompensant les joueurs qui choisissent de partir à l’aventure entre amis.

Une réalisation fidèle aux standards de Nintendo
Sur le plan technique, Splatoon Raiders m’a laissé une excellente impression. Durant toute mon aventure, je n’ai rencontré aucun bogue digne de mention et les performances sont demeurées stables du début à la fin. C’est le genre d’expérience soignée à laquelle Nintendo nous a habitués, et ce nouvel opus ne fait pas exception.
Le bestiaire aurait toutefois gagné à être un peu plus varié. Les différents types de Salmonoïdes demeurent les principaux adversaires rencontrés tout au long de l’aventure, mais leur direction artistique est suffisamment réussie pour qu’ils conservent une forte personnalité. J’ai également apprécié la diversité des environnements visités. Les différentes régions offrent chacune leur propre identité visuelle, ce qui contribue à renouveler l’exploration et à limiter l’impression de revisiter constamment les mêmes décors.

Verdict sur Splatoon Raiders
Au final, Splatoon Raiders représente exactement le type de spin-off que j’espérais voir Nintendo réaliser. Depuis plusieurs années, Salmon Run est devenu mon mode préféré dans les jeux Splatoon, et j’ai été particulièrement heureux de constater que Nintendo en avait repris les fondations pour en faire une aventure complète, beaucoup plus ambitieuse et étonnamment profonde. Avec sa boucle de progression inspirée des meilleurs loot shooters, ses nombreuses possibilités de personnalisation et son contenu généreux, le jeu réussit à conserver l’identité unique de la franchise tout en proposant quelque chose de réellement nouveau. J’espère sincèrement que Nintendo ne considérera pas Splatoon Raiders comme une simple expérience, car le studio vient peut-être de mettre la main sur une nouvelle série capable de s’imposer dans le genre tout en conservant tout le charme propre à Splatoon.

Test de Splatoon Raiders : le premier loot shooter de Nintendo ?
Une excellente boucle de progression
Une personnalisation étonnamment profonde
Des défis variés et gratifiants
Une coopération bien intégrée
Une réalisation technique irréprochable
Des objectifs qui finissent par se répéter
Un bestiaire un peu limité