On a l’impression qu’avec l’expo Warhol, le fonds Leclerc touche un public encore plus large qu’habituellement. C’est votre sentiment ?

Marie-Pierre Bathany (directrice du fonds Leclerc) : « Le public du fonds, il est déjà très divers. C’est à la fois un public spécialiste, qui vient par intérêt sur les expos, un public local, qui ne rate pas les grands évènements du fonds Leclerc, et un public qui vient en famille avec les enfants, mais aussi avec les grands-parents, les amis… Sur Warhol, on mesure un public qui vient d’emblée très nombreux et qui est très familial. Est-ce que c’est un nouveau public ? Ce n’est pas trop ce qu’on ressent dans la halle, parce que les saisonniers retrouvent des publics qui connaissent déjà le fonds. Moi-même, j’ai retrouvé des gens qui étaient venus pour Picasso, pour Chagall, pour Henri Moore, un public qui vient pour les grandes monographies ».

L’atmosphère vous paraît-elle différente des expositions précédentes ?

« Dès les premières heures, on a vraiment un sentiment de plaisir partagé. Les gens sont tout sourire, il y a une atmosphère dans cette exposition qui est hyper agréable. On sent des publics très à l’aise dans l’univers de Warhol, alors qu’ils nous disent qu’ils découvrent des aspects de Warhol qu’ils n’imaginaient pas. Et ça, je pense qu’effectivement, ça tient vraiment à l’effet de la notoriété de Warhol, mais aussi à la nature de l’œuvre de Warhol. Je crois que Warhol n’a pas seulement inventé le concept du pop art, il a vraiment réalisé une œuvre populaire, d’art populaire, qui parle à tout un chacun ».

Pour autant, malgré le succès populaire, la circulation est assez fluide dans l’exposition. Comment expliquez-vous cela ?

« Le parcours tel qu’il a été pensé avec la commissaire Amber Morgan et le scénographe, a été réfléchi de sorte qu’on se prépare à accueillir autant de public. Du coup, les espaces sont assez généreux. En même temps, les œuvres sont souvent monumentales, donc il fallait des espaces qui permettent à la fois de pouvoir les accrocher, mais aussi de pouvoir les regarder avec un petit peu de recul. On s’est mobilisé en scénographie pour faciliter l’accueil de très grands flux, tout en préservant et en bâtissant un projet d’exposition à la hauteur de ce qu’on a envie de faire ».

La fréquentation semble partie sur des bases très élevées. Pouvez-vous confirmer ce bon démarrage ?

« Warhol, c’était la promesse pour nous, peut-être, d’un très grand succès. C’est aussi la promesse pour les publics de rencontrer un artiste qu’ils croient connaître ou qu’ils connaissent un petit peu, et de rencontrer pour la première fois l’œuvre de l’artiste. Ces promesses sont tenues. Depuis le week-end du 11-12 juillet, on sent que les touristes sont en train d’arriver en Bretagne. Mi-juillet, c’est toujours le marqueur de l’entrée dans la saison. En juin, on a eu l’effet de lancement et, là-dessus, on a eu beaucoup de chance. Warhol au supermarché : le message est parti comme une traînée de poudre, et ça a créé un intérêt tout particulier. Et donc on ne s’est pas privé de raconter cette histoire-là, parce qu’elle a aussi beaucoup de sens pour nous tous, à la fois dans l’œuvre de Warhol et par rapport à l’histoire du fonds Hélène et Édouard Leclerc ».