l’essentiel
À Verfeil, on honore la mémoire de Camille par une marche silencieuse. Décédée à seulement 22 ans en mai 2025, elle souffrait d’une anorexie sévère. À l’occasion de cette marche d’hommage, Oihana Bachelet, qui a elle-même fait face à l’anorexie durant huit ans, livre son vécu à travers un émouvant témoignage.
Au départ du centre culturel En Solomiac, à Verfeil, une marche silencieuse s’est élancée en mémoire de Camille, emportée par l’anorexie le 1er mai 2025 à l’âge de 22 ans. Derrière la création de l’association « Peti.apetit Camille », en septembre 2025, sa mère Cécile Gentilhomme se bat pour sensibiliser le public aux troubles du comportement alimentaire (TCA). À ses côtés marchait Oihana Bachelet, qui a survécu à huit ans de calvaire, de 12 à 20 ans, et qui dévoile dans un livre son combat contre l’anorexie.
« L’impression d’une voix à l’intérieur de nous »
« C’est une maladie mystérieuse. Même moi qui l’ai vécue pendant huit ans, si je rencontre une personne qui en souffre, j’ai du mal à lui dire quoi faire pour s’en sortir », avoue-t-elle.
L’anorexie devient un personnage à part entière
Dans son récit, l’anorexie prend les traits d’une entité à part entière : « Nous sommes plusieurs à avoir eu l’impression qu’il y avait une voix à l’intérieur de nous qui nous dictait ce que nous devions faire. Faire parler cette voix tout le long du livre, c’était la meilleure façon de faire ressentir ce que l’anorexie fait subir ».
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Une emprise psychologique qui s’accompagne de rituels déconcertants : « Quand je suis tombée dans l’anorexie, j’ai commencé à avoir des tocs. Par exemple, quand j’arrivais au collège, je devais slalomer entre certains poteaux car je me disais que si je ne le faisais pas, j’allais prendre du poids ».
Une relation amoureuse qui amorce un déclic
Pour Oihana, le salut est venu par l’amour. Intégrer l’école d’art de ses rêves a tout changé. « C’est là que je suis tombée amoureuse. Ça a créé un déclic. Mon copain (qui est tatoueur, NDLR) m’avait mise au défi. Je voulais qu’il me réalise mon 1er tatouage quand j’atteindrais 49 kg. Il avait compris que j’avais peur des 50 kg. Alors, il m’a dit qu’il me le ferait quand j’aurais atteint les 50 kg. C’est comme ça que je me suis motivée à reprendre du poids ».
Aux familles désemparées, elle adresse un message : « Je leur dirais de ne surtout pas culpabiliser, la maladie n’est pas liée aux proches ».
Diffuser de l’espoir à travers le livre
Un long chemin vers la lumière qu’elle résume avec une infinie bienveillance : « Mon objectif était vraiment que les personnes qui en souffrent puissent se dire qu’on peut retrouver de la normalité après l’anorexie. On peut retrouver des moments de bonheur, un lien apaisé avec sa famille, aller au restaurant, s’épanouir professionnellement. Je veux qu’à la fin du livre, les personnes qui en souffrent aient espoir ».
« Des larmes et des os – Huit ans de combat contre l’anorexie » (21,90 € – éditions Max Milo – maxmilo.com).