La suite ? « Je veux d’abord prendre le temps de souffler. Je vais avoir 56 ans. Je veux profiter de ma fille de 26 ans. Je veux aussi pouvoir m’occuper de mon jardin, bricoler, tondre la pelouse… Des choses simples que je ne pouvais pas faire tant mon boulot était prenant. »
S’il ne sait pas encore quelle sera la prochaine casquette qu’il enfilera, Damien Dufrasne ignore également à qui il remettra le flambeau. « Je ne pense pas que ce sera une personne, mais des personnes. C’était un énorme boulot. Je vais voir avec les actionnaires jusqu’à quand ils veulent que je reste pour assurer la transition. Une chose est sûre, je ne serai pas là pour l’édition 2027. »
D’ailleurs, Damien Dufrasne l’assure, il part en bons termes avec les dirigeants du festival. « J’ai envoyé un recommandé aux actionnaires pour annoncer ma démission et dans la foulée, j’ai immédiatement pris le téléphone pour appeler Carlo [Di Antonio]. Il semblait tomber des nues. Il ne s’y attendait sans doute pas. Mais il y a encore beaucoup d’autres choses intéressantes que j’ai envie de faire dans la vie. Et puis, je préférais tourner la page sur une belle édition. Le festival s’est très bien déroulé cette année, nous n’avons pas connu de problèmes avec la météo, nous avons eu une bonne affluence… Je peux ainsi partir la tête haute. »
Et s’il ne fallait garder qu’un souvenir de Dour avant de plier les bagages ? « Difficile à dire, il y en a tellement. Mon plus beau souvenir, ça reste l’évolution du festival. On est parti d’un petit festival, avec quelques scènes, pas de camping. Puis des années dans la gadoue. On n’a pas gagné d’argent avant la 14e année. Alors on avait lancé le Rockamadaour et le magazine RifRaf. On a évolué sur un tas de choses et le festival a pris de l’ampleur. Le bébé a grandi, aujourd’hui, j’estime qu’il peut voler de ses propres ailes et qu’il est temps pour moi de tourner la page. »