Vous vous êtes sûrement déjà remémoré un souvenir d’enfance après avoir senti une odeur.Un processus expliqué par le rôle de neurones du bulbe olfactif développés durant notre enfance, qui se réactivent à l’âge adulte par l’odeur d’enfance.
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L’odeur d’un gâteau qui sort du four, d’un parfum… Il suffit parfois d’une simple senteur pour être instantanément replongé plusieurs décennies en arrière. Marcel Proust l’avait immortalisée avec sa célèbre madeleine et, plus d’un siècle plus tard, des chercheurs apportent un début d’explication scientifique à ce phénomène.
Dans une étude publiée dans la revue PLOS Biology (nouvelle fenêtre), des scientifiques du CNRS ont montré, grâce à des expériences sur des souris, que les souvenirs liés aux odeurs de l’enfance s’appuient sur un fonctionnement bien particulier du cerveau.
Pour mieux comprendre ce mécanisme, les scientifiques ont procédé en deux temps. Ils ont tout d’abord commencé par interroger 647 adultes sur leur plus ancien souvenir lié à une odeur. Avec un constat : ces souvenirs sont la plupart du temps associés à des expériences agréables, répétées durant l’enfance, et l’odeur d’un plat familial ou d’un lieu familier revient plus fréquemment qu’un événement isolé.
Une « trace » biologique des souvenirs olfactifs
À partir de ces réponses, les chercheurs ont reproduit sur des souris ce qui a été décrit par les répondants au questionnaire. Ils ont ainsi conçu un modèle expérimental pour observer ce qui se passe dans le cerveau des petits mammifères et ont identifié un acteur clé : des neurones situés dans le bulbe olfactif, la région qui traite les odeurs et qui continue de se développer pendant l’enfance.
Formés très tôt, ces neurones se réactivent à l’âge adulte lorsque l’odeur associée à notre plus jeune âge est perçue à nouveau, comme une sorte de « trace » biologique des souvenirs olfactifs.
C’est ce procédé qui déclenche d’autres circuits cérébraux, selon les résultats de l’étude, notamment ceux impliqués dans la mémoire et la récompense. Autrement dit, l’odeur ne se contente pas de rappeler une sensation, mais ravive une expérience complète, avec sa dimension émotionnelle.
Une odeur qui reste
Autre élément mis en avant par les chercheurs : le souvenir évoqué évolue avec le temps. Au fil des années et des expositions répétées à l’odeur qui y est associée, les réseaux cérébraux se réorganisent. Les circuits liés aux émotions prennent progressivement le dessus, ce qui pourrait expliquer pourquoi certaines odeurs provoquent une émotion intense sans que l’on puisse toujours identifier précisément le souvenir associé. D’ailleurs, dans l’enquête, 82% des participants ont déclaré continuer à sentir de temps à autre l’odeur associée à leur souvenir d’enfance.
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Si l’expérience a été réalisée sur des souris, les chercheurs estiment néanmoins que leurs travaux offrent une piste prometteuse pour mieux comprendre pourquoi certaines odeurs restent gravées dans notre mémoire pendant des décennies et pourquoi elles sont capables, en une fraction de seconde, de faire resurgir des souvenirs parfois oubliés depuis l’enfance, la fameuse « madeleine de Proust ».
