
Par Gaëtan Willemsen
Publié le 23 juillet à 09h11
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Deux incendies majeurs ont ravagé plus de 3.900 hectares dans le Var et en Gironde, forçant l’évacuation de centaines d’habitants et mobilisant des centaines de pompiers face à une sécheresse exceptionnelle. Un cultivateur raconte comment sa voisine et la fille d’un ami ont été sauvées in extremis des flammes par les pompiers, qui ont perdu un camion dans la bataille.
Les pompiers français luttent contre deux incendies d’ampleur en France, en Gironde, où un feu d’une grande virulence a parcouru mercredi plus de 1.400 hectares au nord du bassin d’Arcachon et poursuit son avancée, et dans le Var, où les flammes ne progressent enfin plus après avoir parcouru 2.500 hectares.
Dans le Var, l’incendie, parti mardi à la mi-journée d’un champ à Pontevès, a parcouru près de 2.500 hectares. Le feu a rapidement enflammé le Gros Bessillon, moyenne montagne du centre Var, l’un des départements les plus boisés de France. Il a menacé plusieurs villages provençaux pittoresques, notamment Cotignac, Correns et Montfort-sur-Argens.
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Bâtisse à la toiture effondrée, façades noircies, squelettes d’arbres et camionnettes calcinées : en périphérie de Cotignac, (2.200 habitants) le paysage était apocalyptique mercredi, a constaté un journaliste de l’AFP qui a rencontré Jean-Marc Rius. Il est cultivateur à Pontevès et agent territorial à la communauté de Communes.
« J’ai perdu une quarantaine d’oliviers de famille. C’était mon papa qui les avait plantés il y a 25 ans. C’était un souvenir », explique-t-il. Il raconte la chance que les pompiers soient intervenus à temps auprès de certains de ses voisins, qui ont frôlé la mort. « Chez nos voisins, la dame était toute seule avec ses chiens, elle a été piégée par le feu. Après j’ai des amis aussi en dessous, leur fille, les pompiers ont réussi à la récupérer in extremis. Elle était seule, ça a été très très compliqué. Dans le quartier ça a été très virulent, le feu a été très virulent et d’une rapidité extrême quoi. C’est vraiment un piège, le feu était dans tous les sens. »
« Un camion de pompiers a brûlé »
Près de 400 personnes ont dû être évacuées de la région mardi et « n’ont pas été invitées à retourner chez elles », a précisé Mme Vialle. Trois salles communales ont été mises à disposition pour les personnes évacuées. Ce jeudi est qualifié de « nouvelle journée à haut risque en raison d’une reprise du mistral dans l’après-midi », selon la préfecture.
Avec encore 1.100 pompiers sur le terrain et des renforts venus d’une dizaine de départements, deux Canadair, trois hélicoptères bombardiers d’eau et deux avions Dash en action, l’objectif est d’ « essayer de contenir le feu », avait souligné le colonel Philippe Raison, chef adjoint des pompiers du département.
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Dans la région, une soixantaine d’habitations ont été affectées par le feu et dix maisons détruites, selon un nouveau recensement de la préfecture. « Là on est dans le quartier de Rambaille, aux Vallettes, à Ponteves, où il y a eu d’énormes dégâts, donc des villas, dont la villa à côté, là, avec un camion de pompiers qui a brûlé », montre encore Jean-Marc Rius.
Deux sites religieux de Cotignac, le sanctuaire Notre-Dame et le monastère Saint-Joseph, ont été « sauvés des flammes », selon les services préfectoraux. Face au risque incendie extrême, tous les massifs du Var sont fermés ainsi que de nombreux autres dans les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône.
L’incendie en Gironde loin d’être maîtrisé
L’autre incendie d’ampleur se situe en Gironde. Il a parcouru mercredi plus de 1.400 hectares au nord du bassin d’Arcachon et poursuit son avancée. Selon la préfecture, 700 personnes ont dû quitter leur domicile par précaution dans la commune du Porge, où plus de 3.000 occupants d’un camping ont également été déplacés dans la commune voisine de Lacanau.
Évoquant un feu d’une virulence « rare », le capitaine des pompiers Wilfried Schneider a souligné le « peuplement très dense de pins très rapprochés, typique du massif », alors que la surface parcourue par les flammes a été multipliée par six en moins de trois heures.
Selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, plus de 12.500 départs de feu sont intervenus depuis le début de l’année et 44.000 hectares ont déjà brûlé, davantage qu’en 2022 quand des brasiers avaient ravagé le sud-ouest de la France. Il s’exprimait depuis une caserne de Bordeaux, après avoir rencontré les familles de deux soldats du feu morts mardi en luttant contre un incendie aux abords de l’aéroport de la ville.
Des pompiers épuisés face à des départs de feu quotidiens
Ces dernières semaines, les pompiers sont confrontés à des départs de feu quotidiens à travers toute la France. Aggravée par des canicules à répétition et une forte sécheresse favorisées par le dérèglement climatique, la saison des feux en 2026 a débuté plus tôt que d’ordinaire.
« Épuisés », les syndicats de sapeurs-pompiers sonnent l’alarme sur le manque de moyens humains et matériels face à la multiplication des incendies à travers le pays, favorisée par le dérèglement climatique jusque dans des régions auparavant épargnées.
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Le porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, Éric Brocardi, pointe une situation de « tensions permanentes » face à la « surcharge opérationnelle » des sapeurs-pompiers.
Soulignant que « 95 % des feux se combattent par des moyens terrestres », et jugeant les moyens aériens « suffisants », le ministre de l’Intérieur a balayé ces demandes des pompiers. « Il y en a un peu assez de ces polémiques. On est un pays qui sait aussi gérer des crises. On l’a démontré », a-t-il déclaré.
Source : AFP
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