Des solutions gain de place au millimètre
« Ce petit loft résume parfaitement ma manière de concevoir, parce qu’il est étudié au millimètre près », explique l’architecte. Le séjour accueille, d’un côté, un salon avec la bibliothèque coulissante bleue déjà mentionnée, et de l’autre, une cuisine compacte avec coin repas. « Dans la chambre, j’ai opté pour une structure d’étagères avec penderie, dissimulée par un rideau, plutôt que pour une armoire traditionnelle. Cela donne la sensation d’un espace plus libre. Même le miroir placé à côté est en verre courbé et imite le mouvement d’un rideau. » Pour la salle de bains, Roberto Paoli a récupéré la structure en bois d’une ancienne platine vinyle, transformée en meuble vasque suspendu. Au sol, puisqu’il n’était pas possible de sauver le revêtement d’époque, il a posé des carreaux en grès effet granito, « qui rappellent les surfaces anciennes, mais sont plus fonctionnels », poursuit-il.

Dans le salon, un fauteuil avec pouf Twain de Konstantin Gcric pour Magis. Tapis Plasterworks de david/nicolas pour cc-tapis. Tableaux de Solomostry. La bibliothèque bleue, réalisée sur mesure, est coulissante et dissimule l’accès à l’espace bureau.Foto Beppe Brancato. Styling Giulia Taglialatela.
Ici et là apparaissent des pièces d’auteur collectionnées avec passion au fil du temps ou achetées spécialement pour ce petit loft. Deux beaux plafonniers d’Achille Castiglioni des années 1960, produits à l’époque par Flos ; la Mini Tizio de Richard Sapper pour Artemide ; des suspensions de Diego Vencato pour Seguso. « J’ai acheté toute une série d’accessoires de salle de bains produits par Artemide en 1971, d’après un dessin de Sergio Mazza, du porte-serviettes au porte-papier toilette. J’en ai une collection, et j’en ai placé quelques-uns ici. À l’époque, Artemide produisait aussi des objets et des chaises, en plus des luminaires », explique Roberto Paoli. Le loft occupait l’ancienne arrière-boutique de la boulangerie, et l’on y accède par une jolie cour tranquille. « La porte blindée est dessinée par moi et réalisée par un ferronnier. Elle comporte une petite fenêtre qui, en réalité, apporte de la lumière à la salle de bains grâce à un panneau fixe en verre dépoli. » Rien ne manque. « Beaucoup d’amis savent que c’est leur point de chute lorsqu’ils passent en ville. »
Article initialement publié dans AD Italie.

L’architecte et designer Roberto Paoli dans la cour d’entrée de son petit loft à Milan. La porte en fer a été conçue par ses soins et, depuis la fenêtre, on aperçoit la lumière de la salle de bains.Foto Beppe Brancato.