Avec son film choral Rédemptions, Luc Picard entend montrer que les humains peuvent faire preuve d’une grande solidarité lorsqu’ils traversent une épreuve commune.
Dans ce nouveau long métrage, l’acteur — qui porte également les casquettes de réalisateur et de scénariste — incarne Marcel, un ancien tueur à gages forcé de reprendre du service afin d’éliminer deux personnes dans un restaurant.
En parallèle, on découvre les répercussions de la décision de Marcel sur la vie de plusieurs petits groupes de personnes.
Lorsque l’idée de l’œuvre a germé dans son esprit, le cinéaste s’intéressait surtout aux liens qui peuvent se tisser à la suite d’une telle tragédie.
«Il y a quelqu’un que je connais qui est propriétaire d’un restaurant dans lequel il y a eu un double meurtre, et j’ai posé beaucoup de questions. Pas vraiment sur les tueurs, mais sur comment les gens ont réagi», explique Luc Picard en entrevue au Soleil.
On lui a alors parlé des liens qui se sont naturellement tissés entre les personnes, lesquelles se sont entraidées après ce terrible épisode.

Selon Picard cela montre que, les épreuves, petites ou grandes, peuvent déclencher des élans de solidarité impressionnants entre les individus, qu’ils se connaissent ou non.
«Comme on dit à la fin du film, l’amour gratuit ça existe. Ça m’a toujours interpellé quand des gens qui ne se connaissent pas font preuve de solidarité les uns envers les autres.»
— Luc Picard, acteur, réalisateur et scénariste
Pour illustrer cette solidarité humaine, Luc Picard voyait un avantage à réaliser un film choral, un genre qui ne gravite pas autour d’un seul personnage, mais qui multiplie les intrigues en parallèle.
Cette approche offre un vaste éventail de possibilités narratives, tout en comportant son lot de défis.
«Le défi, c’est ça, c’est que ça doit être un film, sinon ça devient un film à sketchs», explique Luc Picard.
«Il faut que les connexions soient assez organiques, sans que ça paraisse arrangé avec le gars des vues. […] Ça ne doit pas avoir trop l’air de trop grandes coïncidences», précise-t-il.
«Un privilège» pour Luc et Henri Picard
Cette production marque également une première collaboration entre Luc Picard et son fils, Henri, depuis Les rois mongols, sorti en 2017.
Depuis, le jeune acteur a vu sa carrière prendre son envol, mais il demeure toujours attentif aux conseils de son père.

«En début [de carrière], c’est sûr que je me fiais à lui, ça reste une personne avec de l’expérience», dit-il, provoquant automatiquement un regard amusé sur le visage de son paternel, assis à ses côtés durant l’entrevue.
Dans Rédemptions, Henri interprète un comédien appelé à tourner une scène dans un film français, un rôle dans lequel il s’est facilement reconnu.
Et bien qu’ils ne partagent aucune scène, père et fils ont savouré cette occasion de retravailler ensemble. Tous deux confirmant au passage que leur complicité constitue un atout.
«C’est certain qu’il y a un avantage, car il me connaît mieux que certaines personnes, parfois mieux que moi-même et vice-versa, il y a une confiance immédiate qu’on n’a pas besoin de développer», explique Henri.

Si leur relation père-fils demeure aussi solide, Luc Picard est aujourd’hui fier de développer, en parallèle, une relation «d’artiste à artiste» avec Henri.
Un jeune homme qu’il ne voit plus seulement comme son fils, mais comme «un artiste à part entière [pour lequel il a] un énorme respect pour son talent».
Une évolution de leurs relations que les deux acteurs considèrent comme «un privilège».
Une première pour Alex Nevsky
Luc Picard tenait à ce que la musique occupe une place importante dans son film. Il s’est donc tourné vers Alex Nevsky pour en composer la trame sonore.
Une grande première pour le chanteur, qui caressait ce rêve depuis bien longtemps.

Mais il admet que cette expérience est arrivée au bon moment dans sa vie et sa carrière.
«Ça faisait 20 ans que c’était mon rêve, mais je n’avais pas la capacité technique, le vocabulaire, la sensibilité non plus», énumère-t-il.
«Le plus gros travail, c’est d’être au service de quelqu’un d’autre, ce que je n’étais peut-être pas prêt à faire dans ma vingtaine, de tasser l’égo.»
— Alex Nevsky, chanteur et compositeur
Il se dit privilégié d’avoir vécu cette première expérience aux côtés de Luc Picard.
«Comme première expérience de le faire pour un film Luc Picard, ce n’est pas rien», indique-t-il.
Aux dires d’Alex Nevsky et de Luc Picard, une symbiose naturelle s’est rapidement installée dans leur collaboration.
Luc Picard va même jusqu’à affirmer que «la musique est un autre personnage dans le film».
La composition de cette trame sonore a permis à Alex Nevsky de prendre toute la mesure de la complexité de composer pour un long métrage.
Convaincu d’avoir trouvé une nouvelle avenue créative, Alex Nevsky espère maintenant pouvoir composer la musique d’autres films.
Rédemptions sortira en salle le 29 juillet.